Le 1er juillet 2025, une évolution tarifaire du gaz en France est attendue, avec une baisse du prix du kilowattheure et, en parallèle, une hausse de l’abonnement. Selon les prévisions publiées par Selectra, ces changements pourraient avoir un impact modéré sur les factures des ménages. Mais pourquoi ? On vous explique.
Évolution attendue du prix du gaz : baisse du kilowattheure, hausse de l’abonnement
Dans un article publié le 28 mai 2025, le comparateur indépendant Selectra dévoile en exclusivité ses prévisions pour le mois de juillet 2025, fondées sur la formule officielle utilisée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Ces prévisions annoncent :
- Un prix du kilowattheure (kWh) en baisse, de 0,11 euro à 0,1072 euro (soit –2,5 %) ;
- Un abonnement annuel en hausse, passant à 288,20 euros TTC, soit une augmentation de 3,89 %.
Ces deux évolutions sont susceptibles de s’annuler partiellement pour les consommateurs. D’après Selectra, un ménage moyen consommant 11.200 kWh/an verrait sa facture baisser d’environ 21 euros par an.
Il ne s’agit toutefois pas encore d’un tarif officiel, la CRE n’ayant pas publié à ce jour les grilles tarifaires définitives de juillet.
Prix du gaz : pourquoi cette hausse de l’abonnement est-elle anticipée ?
La hausse de l’abonnement prévue par Selectra découle des paramètres récemment publiés par la CRE dans le cadre de la révision du tarif ATRD7, applicable au 1er juillet 2025. Ce tarif détermine les coûts d’acheminement du gaz facturés par GRDF, le principal gestionnaire de réseau en France.
Selon la CRE (communiqué du 23 mai 2025), la grille ATRD7 2025 augmente en moyenne de 6,1 % HT, avec les éléments suivants :
- +1,15 % pour l’ajustement à l’inflation,
- +3 % au titre du CRCP, un mécanisme de régularisation destiné à compenser un déficit de 210,9 millions d’euros accumulé sur les années précédentes,
- Le reste lié aux investissements pour moderniser le réseau, sécuriser les installations et favoriser l’injection de biométhane.
Ces ajustements se répercutent sur la part fixe de la facture (l’abonnement), que les fournisseurs intègrent ensuite dans leurs offres.
Impact réel sur les ménages selon leur consommation de gaz
L’effet combiné d’un prix du kWh en baisse et d’un abonnement en hausse varie selon la quantité de gaz consommée :
- Pour les petits consommateurs (utilisation pour la cuisson uniquement, environ 1.000 kWh/an), la hausse de l’abonnement peut annuler voire dépasser le gain lié à la baisse du prix du kWh.
- Pour les usages moyens à élevés (chauffage + eau chaude, autour de 11.200 kWh/an), Selectra estime une économie d’environ 21 euros par an.
Ces chiffres restent des estimations basées sur la méthode officielle. La CRE publiera les valeurs définitives dans les jours précédant le 1er juillet.
Un changement fiscal annoncé : hausse de la TVA sur l’abonnement au gaz en août 2025
À ces évolutions tarifaires s’ajoute une modification fiscale prévue au 1er août 2025. Conformément à la loi de finances 2025, la TVA applicable à l’abonnement au gaz repassera à 20 %, après une période d’application à taux réduit.
Le ministère de l’Économie indique sur son site que cette mesure vise à aligner le régime fiscal français avec le droit européen. Elle s’appliquera automatiquement à tous les contrats en cours, sans démarche de la part des usagers. Cette hausse aura pour conséquence un léger renchérissement de la part fixe des factures à partir d’août, qui viendra limiter encore davantage les effets bénéfiques de la baisse prévue en juillet.
Comprendre sa facture de gaz pour mieux anticiper
Même en l’absence de changement spectaculaire, ces ajustements montrent que la structure de la facture de gaz reste complexe, mêlant prix variable (en kWh), abonnement (en euros), taxes (TVA, CTA, TICGN), et frais d’acheminement.
Pour les ménages, il est recommandé de :
- Surveiller la publication officielle de la CRE (attendue fin juin),
- Comparer les offres des fournisseurs (prix fixe vs prix indexé),
- Analyser la ventilation des coûts sur leurs factures.
Les prévisions pour juillet 2025 laissent entrevoir une baisse du prix du kilowattheure, mais son effet est modéré par la hausse de l’abonnement liée aux coûts d’acheminement. Pour les ménages, l’économie annuelle sera modeste, et le retour à une TVA à 20 % dès août pèsera encore un peu plus sur les factures.






