La centrale nucléaire enfin relancée : un soulagement… ou une fausse bonne nouvelle ?

L’EPR de Flamanville, après douze ans de retards et un budget explosé, s’apprête à alimenter deux millions de foyers.

Publié le
Lecture : 2 min
La centrale nucléaire enfin relancée : un soulagement… ou une fausse bonne nouvelle ?
La centrale nucléaire enfin relancée : un soulagement… ou une fausse bonne nouvelle ? © L'EnerGeek

L’EPR de Flamanville, en Manche, est devenu un jalon marquant dans l’histoire du nucléaire en Europe, étant le réacteur nucléaire le plus puissant du pays. Ce réacteur pressurisé européen (EPR) de troisième génération a longtemps été attendu, et il représente une avancée dans la production d’électricité par énergie nucléaire. Initialement prévu pour être raccordé au réseau en 2012, il a finalement démarré le 21 décembre 2024, avec douze ans de retard. Même avec ces contretemps, il est désormais en mesure d’alimenter environ deux millions de foyers, faisant de lui le 57e réacteur nucléaire en France et le quatrième EPR en service dans le monde.

Embûches techniques et retards accumulés

Le projet de Flamanville a rencontré son lot d’embûches techniques et le budget a largement explosé : la construction a coûté plus de 13 milliards d’euros, soit quatre fois ce qui était prévu au départ. Ces difficultés ont fait de Flamanville un exemple parlant des complications rencontrées lors de la construction de centrales nucléaires modernes. Même si le premier démarrage de la réaction nucléaire a eu lieu en septembre dernier, plusieurs interventions ont dû être faites avant que le réacteur n’atteigne sa pleine capacité.

En effet, après ce premier lancement, l’EPR a dû être arrêté pour maintenance le 15 février 2025 afin qu’on puisse intervenir sur un circuit de refroidissement qui utilise l’eau de mer. Cet arrêt a été prolongé pour différentes raisons :

  • une opération sur une sonde de température du circuit primaire le 22 février,
  • des réglages dans la salle des machines le 28 février et
  • finalement une nouvelle intervention sur la partie nucléaire jusqu’au 10 avril.

https://twitter.com/SFENorg/status/1915042544708448571

La montée en puissance pas à pas

Une fois ces interventions terminées, l’EPR a été reconnecté au réseau électrique avant la date initiale fixée pour le redémarrage, prévu le 30 mars. EDF a annoncé que le redémarrage avait bien eu lieu dès le dimanche qui a suivi. À l’heure actuelle, la puissance fournie est de 90 MW, loin de la puissance maximale de 1.620 MW. EDF prévoit d’augmenter progressivement cette puissance pour atteindre le maximum à l’été 2025, contribuant à la surproduction énergétique en France. D’après EDF, « toutes les opérations de redémarrage et de connexion au réseau ont pu être faites », ce qui permet un couplage précoce sur le réseau.

On prévoit aussi des tests en faisant varier la puissance jusqu’à mercredi prochain afin de vérifier que les critères de sûreté soient bien respectés. Plus de 1500 critères ont déjà été testés lors du premier démarrage.

Préventions et sûreté

La sécurité reste la priorité pour EDF qui surveille de près les retours d’expérience d’autres EPR à l’international, notamment ceux de Taishan et d’Olkiluoto, au sujet d’un problème d’inétanchéité des crayons combustibles (c’est-à-dire des éléments utilisés pour former le cœur du réacteur). Même si Flamanville n’est pas encore affecté par ce souci, EDF envisage d’introduire intégralement des assemblages non irradiés dans le cœur avant le deuxième cycle d’exploitation.

EDF explique que « dans les semaines et mois à venir, des arrêts du réacteur, des redémarrages et des reconnexions au réseau seront répétés à plusieurs reprises ». Ces manœuvres font partie intégrante du premier démarrage et permettent d’assurer une montée en puissance en douceur et sous contrôle.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.