Terres rares : la France lance sa première usine de recyclage à grande échelle

La France s’engage dans une révolution industrielle avec Caremag, une usine de recyclage des terres rares.

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Terres rares : la France lance sa première usine de recyclage à grande échelle
Terres rares : la France lance sa première usine de recyclage à grande échelle © L'EnerGeek

La France passe à la vitesse supérieure dans sa transition énergétique et l’innovation industrielle avec le lancement de Caremag, une usine de recyclage des terres rares à grande échelle. Ce projet, piloté par la société lyonnaise Carester, représente un tournant important pour l’Europe dans sa quête d’indépendance et de durabilité dans le secteur des terres rares. Installée à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, l’usine vise à répondre à la demande grandissante de matériaux indispensables pour les technologies de pointe.

Projet ambitieux pour un avenir des terres rares

Le chantier de construction de l’usine Caremag a débuté le lundi 17 mars 2023 et la production est attendue dès 2026. L’idée, c’est de faire de Caremag « le plus gros producteur occidental de terres rares lourdes séparées ». Pour arriver à ce résultat, l’usine utilisera deux sources majeures :

  • le recyclage de 2.000 tonnes d’aimants
  • le raffinage de 5.000 tonnes de concentrés miniers

Avec ces procédés, Caremag espère produire chaque année 600 tonnes d’oxydes de dysprosium et d’oxyde de terbium, ainsi que 800 tonnes d’oxydes de néodyme et de praséodyme.

Le projet affiche aussi de fortes ambitions écologiques, avec une volonté affirmée de rendre le recyclage des terres rares neutre en carbone. Frédéric Carencotte, président de Carester, rappelle que cette initiative marque une avancée majeure vers l’indépendance de l’Europe en terres rares pour les aimants permanents.

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Source : Carester

Mise en place d’une transition énergétique efficace

Les terres rares sont très utiles dans des secteurs variés comme l’automobile, l’éolien, la robotique et l’électronique, grâce aux technologies de recyclage avancées. Par exemple, les aimants permanents issus de ces matériaux équipent les véhicules électriques, les éoliennes et de nombreux appareils électroniques. Dans les secteurs de l’éolien et de l’automobile, ces aimants représentent jusqu’à 50 % des marchés.

Le manque flagrant de gisements en Europe rend ce projet d’autant plus nécessaire pour garantir une certaine autonomie sur le continent. Outre leur utilisation dans les technologies vertes, on retrouve les terres rares dans le nucléaire, l’électronique avancée, la navigation maritime et même pour la datation des météorites.

Financement et partenariats internationaux

Le projet bénéficie d’un financement total de 216 millions d’euros, dont 106 millions d’euros proviennent du gouvernement français sous forme de subventions et d’avances remboursables. Un crédit d’impôt industrie verte vient compléter ce soutien national. Par ailleurs, une coentreprise japonaise a injecté 110 millions d’euros, renforçant ainsi l’aspect international du projet. Parmi les partenaires japonais, on compte l’Organisation publique japonaise pour la sécurité des métaux et de l’énergie ainsi que l’Iwatani Corporation.

Un accord d’achat à long terme a été établi pour fournir le Japon en oxydes de terres rares lourdes.

Engagement politique fort

L’engagement des responsables politiques est palpable avec la participation attendue des ministres français Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique) et Laurent Saint-Martin (Commerce extérieur) pour la pose symbolique de la première pierre. Un déjeuner était également prévu avec un responsable du ministère japonais de l’Économie et l’ambassadeur du Japon en France pour renforcer les liens bilatéraux autour du projet.

Carester n’opère pas seul dans ce domaine : il succède à MagREEsource qui a récemment inauguré une usine-test en Isère, produisant 50 tonnes annuelles d’aimants permanents recyclés. Par ailleurs, Solvay gère déjà une usine à La Rochelle spécialisée dans les produits à base de terres rares.

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