L’Inde évalue à 220 milliards de dollars les investissements à mobiliser d’ici 2030 pour atteindre son objectif de 500 gigawatts (GW) de capacités électriques non fossiles. Le montant, présenté le 28 octobre 2026 par Santosh Kumar Sarangi, secrétaire du ministère indien des Énergies nouvelles et renouvelables, couvre bien davantage que la construction de parcs solaires : il comprend aussi les réseaux, le stockage, l’industrie et l’hydrogène vert.
Cette estimation a été détaillée à New Delhi avant le Bharat Renewable Energy Summit & Expo, prévu du 2 au 5 novembre. Selon les déclarations du responsable rapportées par Reuters et l’agence indienne PTI, relayée par The Economic Times, l’enjeu est de faire converger capitaux publics et privés vers l’ensemble du système électrique.
Sur les 220 milliards de dollars, les réseaux occupent une place centrale
Dans la répartition indicative exposée par le ministère, environ 70 milliards de dollars seraient consacrés au solaire, contre 40 à 45 milliards aux infrastructures de transport d’électricité. L’éolien représenterait 25 à 30 milliards, l’hydrogène vert 20 à 25 milliards et le stockage électrique environ 20 milliards. La fabrication d’équipements, l’hydroélectricité et la bioénergie figurent également parmi les besoins identifiés.
Ces chiffres décrivent des besoins d’investissement estimés, et non des crédits déjà votés ou des contrats attribués. Ils soulignent une difficulté structurelle : installer davantage de panneaux et d’éoliennes ne suffit pas si les lignes électriques ne peuvent acheminer leur production vers les centres de consommation. Les batteries doivent, de leur côté, contribuer à déplacer une partie de l’électricité produite pendant les heures favorables vers les périodes de forte demande.
L’objectif indien porte sur la puissance installée issue de sources non fossiles, catégorie qui inclut notamment les renouvelables et le nucléaire. Il ne correspond pas à une promesse de produire en permanence 500 GW, ni à une part équivalente de la consommation annuelle. Le ministère indien des Énergies nouvelles et renouvelables présente cette cible comme l’un des piliers de la stratégie énergétique du pays.
Un appel aux investisseurs internationaux
Selon les données communiquées par Santosh Kumar Sarangi, près de 64 milliards de dollars auraient été investis dans les énergies renouvelables indiennes depuis le précédent rendez-vous RE-Invest de 2024, dont environ 6,2 milliards d’investissements directs étrangers. La rencontre de novembre doit notamment servir à discuter des mécanismes permettant d’attirer de nouveaux financements, des fonds de pension aux investisseurs industriels.
La mobilisation de ces capitaux dépendra aussi de la capacité à concrétiser les projets : disponibilité des terrains, raccordements, contrats d’achat d’électricité et rentabilité des solutions de stockage. Les besoins chiffrés annoncés par New Delhi fournissent une feuille de route financière, mais les décisions d’investissement resteront prises projet par projet.
Pourquoi cette accélération intéresse aussi les énergéticiens français
Le marché indien est déjà un terrain d’expansion pour Engie. Le groupe français a annoncé le 29 octobre la mise en service de deux centrales solaires totalisant 450 MW, au Rajasthan et au Gujarat. Il développe parallèlement des projets de batteries et de production hybride, tandis que son portefeuille local comprend environ 2 GW en exploitation ou en construction.
Cette présence donne une portée concrète, pour une entreprise française, aux perspectives d’investissement annoncées par l’Inde. Les besoins en réseaux et en flexibilité peuvent également intéresser les fournisseurs européens d’équipements et de services, sans préjuger de l’attribution de futurs marchés.
Pour la France, l’enjeu est donc principalement industriel et financier : les installations indiennes alimenteront le réseau indien, mais la montée en puissance de ce marché influence les débouchés des énergéticiens internationaux et la concurrence mondiale sur les technologies de production et de stockage d’électricité.






