Gaz : l’Allemagne aborde novembre avec 61 % de stocks et veut revoir les règles de remplissage

Les réserves allemandes de gaz ne sont remplies qu’à 61,17 % à l’entrée de novembre, loin de la cible de 80 % applicable à la plupart des installations. Les opérateurs réclament de nouvelles obligations pour les fournisseurs, tandis que la France dispose de stocks nettement plus élevés.

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Gaz : l’Allemagne aborde novembre avec 61 % de stocks et veut revoir les règles de remplissage © L'EnerGeek

Les réserves allemandes de gaz ne sont remplies qu’à 61,17 % à l’entrée de novembre, loin de la cible de 80 % applicable à la plupart des installations. Les opérateurs réclament de nouvelles obligations pour les fournisseurs, tandis que la France dispose de stocks nettement plus élevés.

Le 1er novembre 2026 marque une échéance délicate pour l’approvisionnement gazier allemand. Selon les données publiées par Gas Infrastructure Europe pour le 31 octobre, les installations souterraines du pays contiennent 151,31 térawattheures (TWh) de gaz, soit 61,17 % de leur capacité. À la même date, le taux atteint 74,68 % dans l’Union européenne, 86,82 % en France et 91,05 % en Italie.

Face à cet écart, l’association allemande des exploitants de stockage INES a demandé dimanche une révision du dispositif de remplissage. Dans des déclarations rapportées par Reuters le 1er novembre, son directeur général Sebastian Heinermann défend un encadrement plus strict pour les prochains hivers, notamment par des obligations imposées aux fournisseurs. Il s’agit d’une proposition sectorielle, pas d’une réforme déjà adoptée.

Une échéance de stockage largement manquée

La Bundesnetzagentur, régulateur allemand de l’énergie, rappelle que les règles nationales prévoient au 1er novembre un remplissage de 80 % pour la plupart des sites de stockage. Six installations, dont Rehden, relèvent d’une cible spécifique de 45 %. Le taux national agrégé de 61,17 % constitue donc un indicateur de la faiblesse générale des réserves, tandis que les obligations juridiques s’apprécient selon les installations concernées.

La faiblesse des injections pendant l’été s’explique en partie par l’économie du stockage : acheter du gaz à des prix déjà élevés pour le revendre plusieurs mois plus tard est devenu moins attractif. Les perturbations du marché mondial du gaz naturel liquéfié, liées notamment au conflit au Moyen-Orient, ont renforcé cette difficulté. INES estime que les incitations commerciales actuelles ne garantissent plus suffisamment la constitution de réserves avant l’hiver.

La demande de l’association porte désormais sur la manière d’organiser les achats futurs. Elle souhaite que les autorités et les acteurs de marché définissent rapidement un mécanisme plus contraignant, au lieu de dépendre uniquement des arbitrages économiques des négociants. Cette discussion s’ajoute aux mesures d’approvisionnement prises récemment par Berlin.

Des stocks plus élevés en France, un marché du gaz commun

La comparaison européenne est instructive. D’après Gas Infrastructure Europe, les installations françaises étaient remplies à 86,82 % le 31 octobre, contre 61,17 % en Allemagne. La France dispose donc d’une réserve proportionnellement plus importante à l’ouverture de la saison de chauffage. Les différences de capacités, de consommation et de flux d’importation empêchent toutefois de comparer directement la durée de couverture offerte par ces seuls pourcentages.

Pour les acheteurs français, l’enjeu principal réside dans l’interconnexion des marchés. L’Allemagne est un consommateur majeur de gaz et peut devoir solliciter davantage les importations par gazoduc ou les cargaisons de GNL si la demande augmente. Cette concurrence pour les volumes disponibles peut contribuer à la volatilité des cours européens, dont dépendent les stratégies d’approvisionnement des fournisseurs en France.

Le prix repère publié par la Commission de régulation de l’énergie augmente déjà de 6,6 % au 1er novembre, à 194,90 euros par MWh TTC en moyenne. Cette hausse découle des cotations de gaz antérieures utilisées dans sa formule de calcul : elle ne résulte pas de la déclaration d’INES. Son effet sur les factures dépend du type de contrat souscrit, en particulier de son éventuelle indexation sur le prix repère.

Berlin privilégie les importations et surveille les risques hivernaux

Le gouvernement allemand et son régulateur maintiennent que l’approvisionnement est assuré. La Bundesnetzagentur souligne que la sécurité du système dépend à la fois des stocks, des arrivées de GNL, des importations par gazoduc et de la consommation. Elle considère le risque de tension sur l’approvisionnement comme faible dans sa dernière évaluation disponible.

Le débat ouvert par INES concerne surtout la marge de sécurité en cas d’hiver rigoureux ou de nouvelles perturbations des livraisons. La progression des importations, l’évolution des températures et le rythme de soutirage détermineront l’état des réserves au cours des prochains mois. Pour l’Europe, la question dépasse le seul niveau des stocks allemands : elle porte sur la coordination des achats et sur les moyens d’éviter que la préparation de chaque hiver ne renchérisse le gaz pour l’ensemble des pays voisins.

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