Gaz : les prix reculent en Europe, mais la France reste parmi les pays les plus chers

Eurostat constate une baisse de 10,2 % du prix moyen du gaz payé par les ménages européens au premier semestre 2026 par rapport aux six mois précédents. À 0,13 euro par kilowattheure, la France demeure au-dessus de la moyenne européenne, dans le groupe des pays où le gaz domestique coûte le plus cher.

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Gaz : les prix reculent en Europe, mais la France reste parmi les pays les plus chers © L'EnerGeek

Le prix moyen du gaz payé par les ménages dans l’Union européenne est redescendu à 0,11 euro par kilowattheure au premier semestre 2026, selon les données publiées par Eurostat le 30 octobre. Le recul atteint 10,2 % par rapport au second semestre 2025 et 3,5 % par rapport au premier semestre de l’année précédente. Il s’agit du niveau moyen le plus bas observé dans l’Union depuis le premier semestre 2022.

Ce mouvement européen masque toutefois de fortes disparités. En France, le prix moyen ressort à 0,13 euro par kilowattheure, comme au Portugal, derrière la Suède et les Pays-Bas parmi les pays ayant communiqué des données. Une baisse moyenne à l’échelle européenne ne signifie donc pas que tous les consommateurs ont bénéficié de la même évolution.

La France au-dessus de la moyenne européenne pour le gaz

Le classement publié par Eurostat place la Suède en tête, à 0,22 euro par kilowattheure, devant les Pays-Bas à 0,16 euro. La France et le Portugal suivent, tous deux à 0,13 euro. À l’autre extrémité, la Hongrie affiche 0,03 euro, la Croatie 0,05 euro, tandis que la Roumanie et la Slovaquie sont à 0,06 euro.

Ces chiffres décrivent les prix moyens facturés aux ménages sur six mois, et non un tarif réglementé commun à tous les foyers ou le prix instantané du gaz sur les marchés de gros. Ils agrègent des situations contractuelles et nationales différentes. Le montant effectivement payé par un ménage français dépend notamment de son contrat, de son profil de consommation et de la structure de sa facture.

L’écart entre la France et la moyenne de l’Union représente environ deux centimes par kilowattheure dans les valeurs arrondies publiées. Il ne permet pas, à lui seul, de calculer une économie accessible en changeant de fournisseur : les marchés, les taxes et les règles tarifaires varient selon les pays.

Une baisse européenne qui ne concerne pas tous les pays

Par rapport au premier semestre 2025, Eurostat relève, dans les monnaies nationales, une baisse des prix dans douze pays disposant de données comparables, une hausse dans sept et une quasi-stabilité dans quatre. Les diminutions les plus marquées concernent la Bulgarie (-14,5 %), la Grèce (-11,3 %) et l’Espagne (-10 %). À l’inverse, les hausses atteignent 9,3 % en Roumanie, 8,9 % en Croatie et 6,6 % en Slovaquie.

Eurostat note aussi le retour de fluctuations saisonnières proches de celles observées avant la crise énergétique de 2022. La comparaison entre deux semestres successifs doit donc être lue avec prudence : la consommation de chauffage et les conditions d’approvisionnement évoluent au fil des saisons. Les données publiées ne suffisent pas à attribuer la baisse à une cause unique.

Une autre lecture est proposée en standards de pouvoir d’achat, qui tiennent compte des différences de niveaux de prix entre économies. Dans ce classement, la Suède, le Portugal et les Pays-Bas restent parmi les pays où le gaz représente la charge relative la plus élevée. Les hiérarchies ne sont donc pas strictement identiques à celles établies en euros.

Électricité : une détente plus limitée

Le même jour, Eurostat a également publié les prix de l’électricité résidentielle. Leur moyenne européenne atteint 0,28 euro par kilowattheure au premier semestre 2026, soit une diminution de 2,2 % par rapport au semestre précédent. La part des taxes et prélèvements dans le prix final recule légèrement, de 28,9 % à 28,4 %.

La comparaison illustre deux rythmes différents : le gaz affiche une détente moyenne nettement plus prononcée que l’électricité, dont les prix restent élevés par rapport à l’avant-crise de 2022. Pour les ménages équipés d’un chauffage au gaz comme pour les entreprises qui suivent les coûts énergétiques, ces statistiques donnent une photographie utile des écarts européens, sans préjuger de l’évolution des factures des prochains mois.

Les résultats proviennent des séries statistiques harmonisées nrg_pc_202 pour le gaz et nrg_pc_204 pour l’électricité. Eurostat précise que Chypre, Malte et la Finlande ne déclarent pas de prix du gaz résidentiel et que les données polonaises sont confidentielles. Les classements doivent être interprétés dans ce périmètre.

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