IFA : jusqu’à 400 M£ pour prolonger la liaison électrique

National Grid annonce un investissement pouvant atteindre 400 millions de livres dans l’interconnexion électrique IFA entre la France et le Royaume-Uni. L’objectif est de maintenir cette liaison sous-marine en service au moins jusqu’en 2050, avec des équipements modernisés et des échanges possibles dans les deux sens.

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IFA : jusqu’à 400 M£ pour prolonger la liaison électrique © L'EnerGeek

National Grid annonce un investissement pouvant atteindre 400 millions de livres dans l’interconnexion électrique IFA entre la France et le Royaume-Uni. L’objectif est de maintenir cette liaison sous-marine en service au moins jusqu’en 2050, avec des équipements modernisés et des échanges possibles dans les deux sens.

Quarante ans après sa mise en service, l’interconnexion France-Angleterre (IFA) s’apprête à bénéficier d’un important programme de modernisation. L’opérateur britannique National Grid a annoncé le 29 octobre 2026 qu’il consacrerait jusqu’à 400 millions de livres sterling à cette infrastructure exploitée conjointement avec le gestionnaire français RTE. La perspective affichée est une exploitation jusqu’en 2050 au minimum.

Le montant annoncé correspond à la participation de National Grid. Le groupe précise que l’investissement de RTE n’est pas communiqué. Le programme doit porter sur les équipements techniques essentiels, les bâtiments et les installations du site : il s’agit de prolonger la durée de vie d’une liaison existante, plutôt que d’en créer une nouvelle.

Une liaison de 2 GW qui fonctionne dans les deux sens

Inaugurée en 1986, IFA a été la première interconnexion électrique moderne entre la Grande-Bretagne et l’Europe continentale. Sa puissance de 2 gigawatts en fait encore la plus importante liaison sous-marine britannique en capacité, selon les caractéristiques rappelées par Offshore Energy. National Grid estime qu’elle peut transporter l’équivalent de la consommation annuelle d’environ trois millions de foyers britanniques.

Le sens des échanges dépend des besoins et des prix sur les deux marchés. Historiquement, l’électricité a surtout circulé de la France vers la Grande-Bretagne, qui bénéficie notamment de la production nucléaire française. Mais le courant peut aussi traverser la Manche en sens inverse : en 2022, lorsque plusieurs réacteurs français étaient indisponibles, des exportations britanniques ont contribué à l’approvisionnement de la France.

Depuis 1986, le solde cumulé des importations britanniques par IFA représente environ 409 térawattheures, selon National Grid. Ce chiffre décrit les échanges passés, pas une quantité d’électricité garantie pour les années à venir.

Pourquoi la modernisation compte pour les réseaux français et britannique

Les interconnexions permettent de répartir une partie des excédents et des besoins d’électricité entre pays. Lorsque le vent ou le soleil produisent abondamment d’un côté de la Manche, une liaison disponible peut faciliter l’exportation. À l’inverse, elle donne accès à une production voisine lors des périodes de tension, dans la limite de sa capacité et des conditions de marché.

Cette flexibilité devient plus importante avec la progression des énergies renouvelables et l’électrification des usages. National Grid inscrit d’ailleurs l’opération dans son programme d’investissements de groupe, qui prévoit au moins 70 milliards de livres sur les cinq exercices allant jusqu’à mars 2031.

Pour les consommateurs, l’intérêt économique dépend notamment des écarts de prix entre marchés et de la disponibilité effective des installations. National Grid estime que l’ensemble de ses interconnexions a apporté deux milliards de livres de bénéfices nets aux consommateurs britanniques depuis 2023, par comparaison avec une production électrique au gaz. Cette estimation concerne son portefeuille d’interconnexions, et non la seule liaison IFA.

Un investissement annoncé, des travaux encore à préciser

Le compte rendu de Reuters publié le 29 octobre confirme le périmètre de l’annonce : jusqu’à 400 millions de livres pour maintenir IFA en fonctionnement au moins jusqu’en 2050. Ni un calendrier détaillé des travaux ni le montant pris en charge par RTE n’ont été publiés dans cette communication.

La liaison fait partie d’un ensemble de connexions entre les deux pays, aux côtés notamment d’IFA2 et d’ElecLink. Le maintien d’IFA préserverait une capacité d’échange déjà intégrée aux systèmes électriques français et britannique, à une période où leur équilibre dépend autant des réseaux que des moyens de production.

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