La recherche allemande d’un site de stockage géologique pour les déchets nucléaires de haute activité franchit une étape majeure. Le 27 octobre 2026, la Bundesgesellschaft für Endlagerung (BGE), entreprise publique chargée du dossier, a annoncé que moins de 5 % de la superficie de l’Allemagne restait examinée dans la procédure, contre environ 25 % lors de son précédent point d’étape. Ce resserrement ne constitue toutefois ni un choix de site ni une autorisation de construction.
Une carte beaucoup plus sélective, mais encore provisoire
Dans son communiqué du 27 octobre, la BGE explique avoir exploité des millions de données géologiques afin d’écarter progressivement les secteurs ne satisfaisant pas aux critères de sûreté. Les zones encore étudiées se trouvent dans plusieurs parties du pays : au sud, à l’est, au nord et au nord-ouest. La carte accessible par son navigateur public distingue les secteurs qui poursuivent les investigations de ceux qui ne sont plus retenus à ce stade.
Sur les 90 sous-régions identifiées en 2020, 36 restent soumises à des examens préliminaires. Ce chiffre ne signifie pas qu’il existe 36 sites candidats définitifs. Certaines superficies peuvent encore être écartées lors des étapes scientifiques suivantes. Les couleurs affichées sur la carte correspondent à un état des travaux et non à un classement juridiquement irrévocable.
La méthode repose sur des évaluations de sûreté successives, puis sur une comparaison géoscientifique des secteurs les plus prometteurs. L’objectif annoncé est de trouver un emplacement présentant les meilleures garanties d’isolement des matières radioactives à très long terme, plutôt que de retenir le terrain le plus simple ou le moins coûteux à aménager.
Fin 2027, une proposition de régions à explorer
La prochaine étape est désormais mieux définie. La BGE prévoit de transmettre fin 2027 une proposition de régions à investiguer en surface à l’autorité fédérale de contrôle de la sûreté de la gestion des déchets nucléaires, le BASE. Ce dernier devra examiner le dossier et organiser la participation scientifique et publique. La décision de retenir les régions pour cette phase d’exploration reviendra ensuite au législateur allemand.
La présentation officielle de la procédure précise que la sélection reste ouverte et que les données géologiques disponibles sont progressivement complétées. Même lorsque des régions auront été désignées pour des investigations de terrain, il restera à mener ces études, comparer leurs résultats et suivre les procédures d’autorisation nécessaires. La réduction spectaculaire de la surface étudiée ne doit donc pas être confondue avec une mise en service proche d’un dépôt.
Un enjeu européen qui dépasse la sortie allemande du nucléaire
L’Allemagne a arrêté ses réacteurs de production électrique, mais doit toujours organiser le devenir des combustibles usés et des déchets hautement radioactifs déjà produits. Les choix de géologie, de confinement et de contrôle sur des durées très longues restent des questions industrielles et publiques majeures, indépendamment de la poursuite ou non de la production nucléaire.
Le contraste avec la Finlande illustre la diversité des calendriers européens. Le gouvernement finlandais a accordé le 22 octobre une licence d’exploitation au site d’Olkiluoto, mais son entrée en service reste conditionnée à des inspections supplémentaires. En Allemagne, il ne s’agit encore que de préparer la sélection de régions à explorer. Les deux démarches ne sont pas au même stade et leurs caractéristiques géologiques et réglementaires ne sont pas interchangeables.
Pour les acteurs français de la filière nucléaire, cette publication fournit un point de comparaison utile sur la durée des procédures, l’importance des études de sous-sol et le rôle de la transparence territoriale. La BGE prévoit de continuer à réduire les zones examinées en 2027. Les habitants concernés peuvent dès à présent consulter l’état des évaluations locales sur sa carte publique, sans y voir une décision d’implantation déjà prise.






