Technologies propres : les exportations chinoises pourraient éviter 450 millions de tonnes de CO₂ par an

Les équipements solaires, éoliens, les batteries et les véhicules électriques exportés par la Chine en 2026 pourraient éviter 450 millions de tonnes de CO₂ par an une fois déployés, selon une analyse publiée le 29 octobre. L’essentiel du bénéfice climatique estimé se concentre dans les pays du Sud, où les réseaux électriques restent souvent fortement carbonés.

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Technologies propres : les exportations chinoises pourraient éviter 450 millions de tonnes de CO₂ par an © L'EnerGeek

Les exportations chinoises de technologies bas carbone prennent une place croissante dans la transformation des systèmes énergétiques étrangers. D’après une analyse de Lauri Myllyvirta, du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), publiée par Carbon Brief le 29 octobre, les équipements expédiés en 2026 pourraient éviter environ 450 millions de tonnes de CO₂ par an une fois installés et utilisés. Ce volume représente près de 2 % des émissions annuelles de CO₂ enregistrées hors de Chine.

Il s’agit d’une estimation de réductions d’émissions futures attribuables aux équipements exportés cette année, et non d’un relevé des émissions effectivement évitées depuis janvier. Les calculs prolongent sur le dernier trimestre les tendances observées pendant les neuf premiers mois de 2026. Ils tiennent compte de l’énergie remplacée dans les pays importateurs et des émissions liées à la fabrication des équipements en Chine.

Le solaire fournit la plus grande part du bénéfice estimé

Le photovoltaïque domine ce bilan. Les panneaux et composants exportés permettent de produire de l’électricité dans des pays où une part importante de la demande repose encore sur le charbon ou le gaz. Leur effet sur les émissions dépend donc autant de la production des installations que du combustible qu’elles remplacent.

Selon les calculs du CREA, les équipements solaires et éoliens exportés de Chine en 2026 devraient, une fois déployés, produire environ 800 térawattheures d’électricité par an. C’est un ordre de grandeur comparable à la production d’une centaine de centrales au charbon, selon la comparaison retenue par l’analyste.

Les flux commerciaux continuent de progresser. Sur les trois premiers trimestres, les expéditions de véhicules électriques légers et lourds ont augmenté de 61 % sur un an, celles d’éoliennes de 45 %, celles de batteries de 39 % et celles d’équipements solaires de 22 %. Ces évolutions mesurent des volumes exportés par catégorie, pas une baisse directement observée des émissions.

Pourquoi les pays du Sud concentrent-ils les gains climatiques ?

Les économies du Sud représentent, dans cette modélisation, 76 % des émissions évitées sur toute la durée de vie des équipements chinois exportés en 2026. L’Asie du Sud et du Sud-Est en concentre à elle seule 52 %. La combinaison d’un bon ensoleillement, de volumes d’importation élevés et de réseaux électriques encore carbonés explique largement ce résultat.

À l’inverse, la majorité de la valeur commerciale de ces exportations reste destinée aux pays du Nord. Une installation photovoltaïque identique n’a pas le même effet sur les émissions selon qu’elle remplace une production au charbon ou une électricité déjà peu carbonée. L’étude estime ainsi qu’un gigawatt de solaire installé aux États-Unis évite en moyenne trois fois plus de CO₂ que dans l’Union européenne.

Cette géographie souligne le rôle des réseaux électriques et des conditions locales d’exploitation dans l’efficacité climatique des investissements. Les importations de matériel peuvent accélérer la décarbonation, à condition que les équipements soient effectivement installés, raccordés et utilisés.

Un bilan sur la durée de vie des équipements, avec des hypothèses

En extrapolant les exportations des neuf premiers mois à l’ensemble de 2026, l’analyse estime à 8,4 milliards de tonnes les émissions de CO₂ qui pourraient être évitées pendant toute la durée de vie des équipements de cette cohorte. Le calcul retient notamment des durées de vingt ans pour les installations solaires et éoliennes, de dix ans pour les voitures et batteries, et de cinq ans pour les deux-roues électriques.

Pour les exportations de 2025, le CREA évalue à environ 170 millions de tonnes les émissions imputables à la fabrication chinoise des équipements et à 370 millions de tonnes les émissions évitées chaque année à l’étranger. À cette échelle agrégée, le délai estimé de compensation des émissions de fabrication est de six mois. Les résultats restent sensibles aux hypothèses de durée de vie, d’utilisation et de substitution des énergies fossiles.

Des experts interrogés par Associated Press le 29 octobre jugent l’ordre de grandeur cohérent avec les volumes commerciaux, tout en indiquant ne pas avoir vérifié indépendamment l’ensemble des données. La méthode repose sur des scénarios d’utilisation et sur l’intensité carbone des réseaux des pays destinataires.

Le développement des exportations intervient aussi dans un contexte de tensions commerciales. L’étude constate que la croissance des ventes chinoises a largement accompagné l’expansion des marchés des technologies propres, tandis que la pression sur les prix affecte les fabricants concurrents. Pour les pays importateurs, l’enjeu est désormais de concilier accès à des équipements moins coûteux, capacité industrielle locale et déploiement rapide des réseaux nécessaires à leur fonctionnement.

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