Quatre pétroliers en feu à Ormuz

Le 29 octobre 2026, quatre pétroliers ont été endommagés dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique où transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

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Énergie : malgré la crise énergétique, la construction de pétroliers géant bat son plein
Quatre pétroliers en feu à Ormuz © L'EnerGeek

Le 29 octobre 2026, quatre pétroliers ont subi des avaries dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique où transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant février 2026. Les causes divergent selon les sources : mines navales pour Téhéran, attaques ciblées selon l’autorité maritime britannique.

Ormuz, le goulot d’étranglement énergétique mondial

Large de seulement 30 kilomètres dans sa partie la plus étroite, le détroit d’Ormuz constitue l’artère vitale du commerce pétrolier international. Avant l’escalade militaire de février 2026, un cinquième des hydrocarbures mondiaux y transitaient quotidiennement. Aujourd’hui, malgré le blocus américain des ports iraniens et les tensions croissantes, 1,5 milliard de barils ont été exportés depuis l’été 2026 par les pays du Golfe via ce passage obligé.

20 % du pétrole mondial transite par ce détroit : les chiffres clés

Les volumes transportés demeurent colossaux malgré la guerre. Le détroit relie les champs pétrolifères d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Koweït et d’Irak aux marchés asiatiques et européens. Aucune alternative terrestre ne peut absorber ces flux : les pipelines existants transportent au maximum 6 millions de barils par jour, contre 21 millions avant le conflit. La fermeture totale d’Ormuz provoquerait une pénurie immédiate sur les marchés mondiaux, avec un impact direct sur les prix de l’essence, du diesel et du fioul domestique.

L’impact économique d’une fermeture : leçons de 2022

En 2022, lors des tensions russo-ukrainiennes, le Brent avait atteint 130 dollars le baril. Les ménages européens avaient vu leurs factures de chauffage bondir de 40 % en moyenne. Une fermeture durable d’Ormuz dépasserait largement cette crise : les analystes d’IHS Markit anticipent un baril à 180 dollars en cas de blocage prolongé. Les secteurs aérien, transport routier et pétrochimie subiraient des hausses de coûts immédiates, répercutées sur les consommateurs finaux.

L’incident du 28-29 octobre : quatre navires en détresse

Dans la nuit du 28 au 29 octobre, trois pétroliers ont explosé et pris feu selon les Gardiens de la révolution iraniens. Un quatrième tanker a été endommagé quelques heures plus tard. L’autorité maritime britannique UKMTO a confirmé un navire en feu à 25 milles nautiques au nord-est de Khasab (Oman), sans préciser l’origine des dégâts. Les équipages ont été évacués, aucune victime n’est à déplorer parmi ces incidents spécifiques.

Mines ou attaques ciblées ? Les causes restent débattues

Téhéran affirme que les trois premiers navires ont percuté des mines après avoir emprunté « l’itinéraire non autorisé » au sud du détroit. Les Gardiens de la révolution précisent que ces pétroliers « avaient désactivé leurs radars et systèmes de navigation et ignoré les avertissements ». Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) conteste : « Les principales voies étaient dégagées de toute mine iranienne grâce aux efforts des équipes », affirme-t-il sur les réseaux sociaux.

L’UKMTO propose une version différente. Selon l’agence britannique, un petit bateau aurait fixé deux engins explosifs sur la coque d’un tanker, provoquant un incendie dans la salle des machines depuis éteint. Un autre navire aurait été visé par un projectile d’origine inconnue. Le général Hossein Mohebi, porte-parole des Gardiens de la révolution, a lancé un défi au Centcom : « Prouvez vos allégations concernant le déminage du détroit d’Ormuz à l’aide de preuves indépendantes, et non de simples déclarations ! »

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