Nucléaire : quinze pays veulent peser sur les règles énergétiques européennes après 2030

Réunis le 29 octobre à Luxembourg, les membres de l’Alliance du nucléaire demandent à l’Union européenne de reconnaître explicitement l’atome parmi les énergies propres dans son futur cadre énergétique. La France fait partie des quinze États qui défendent cette orientation, alors que Bruxelles prépare ses règles pour l’après-2030.

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Nucléaire : quinze pays veulent peser sur les règles énergétiques européennes après 2030 © L'EnerGeek

Quinze États membres de l’Union européenne, dont la France, veulent que le nucléaire trouve une place explicite dans les futures règles énergétiques européennes. Réunis le 29 octobre 2026 à Luxembourg, en marge du Conseil des ministres de l’Énergie, les membres de l’Alliance du nucléaire ont défendu un cadre applicable après 2030 qui reconnaisse les différentes sources d’électricité décarbonée.

Dans le compte rendu diffusé par la présidence belge, les participants demandent que le futur texte européen qualifie explicitement l’énergie nucléaire d’énergie propre. Cette position commune intervient au moment où la Commission prépare les orientations qui devront articuler décarbonation, prix de l’énergie et sécurité d’approvisionnement.

Une demande précise pour le cadre énergétique de l’après-2030

L’Alliance ne réclame pas simplement un soutien de principe aux centrales existantes. Elle souhaite que le prochain cadre européen repose sur un objectif général d’énergie propre et laisse aux États la possibilité de combiner nucléaire, renouvelables et autres solutions bas carbone. La définition même de l’énergie propre devient ainsi un enjeu de la négociation.

La réunion a rassemblé les représentants de quinze pays membres et de deux pays observateurs, la Grèce et la Lettonie, ainsi que la Commission européenne. Créée en 2023 à l’initiative de la France, l’Alliance compte notamment la Belgique, la Pologne, la République tchèque, la Suède, la Finlande et les Pays-Bas. La Belgique en assurait pour la première fois la présidence d’une réunion ministérielle, comme l’avait annoncé son ministre fédéral de l’Énergie, Mathieu Bihet.

Certains participants ont aussi évoqué de nouvelles propositions visant à faire figurer explicitement le nucléaire dans les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union. Le communiqué ne détaille ni enveloppe financière commune ni mécanisme de soutien arrêté : ces pistes restent à négocier.

La France défend la neutralité technologique, d’autres États privilégient les renouvelables

Le débat dépasse les seules installations nucléaires. Les choix qui seront inscrits dans le cadre de l’après-2030 peuvent orienter les investissements industriels, les réseaux électriques et les dispositifs de financement pendant plusieurs années.

Au Conseil Énergie du 29 octobre, les ministres des Vingt-Sept ont discuté d’éventuels objectifs concernant l’efficacité énergétique, l’électrification, les interconnexions et la résilience des infrastructures. Beaucoup ont demandé des règles suffisamment souples pour tenir compte de la diversité des systèmes nationaux. Le Conseil n’a pas adopté à cette occasion le futur cadre énergétique.

Les positions restent différenciées. Selon Euronews, qui a suivi les débats, la France et ses partenaires de l’Alliance veulent placer le nucléaire sur un pied d’égalité avec les renouvelables, tandis que l’Espagne, le Portugal et le Luxembourg défendent un objectif spécifique aux énergies renouvelables. Cette divergence pèsera sur la rédaction des futures propositions européennes.

Investissements et radioisotopes également à l’ordre du jour

Les membres de l’Alliance relient leur demande aux besoins de production pilotable, à la compétitivité industrielle et à la réduction des émissions. Ils saluent aussi les travaux conduits avec l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE pour mieux modéliser la contribution respective de l’atome et des renouvelables au système énergétique européen.

La réunion a abordé un autre dossier industriel : la sécurité de l’approvisionnement en radioisotopes médicaux, utilisés notamment en diagnostic et en traitement. L’Alliance soutient les travaux engagés par la Commission pour consolider les chaînes européennes de production et d’approvisionnement de ces matériaux.

La prochaine étape se jouera dans les propositions de la Commission pour l’après-2030. Pour les quinze membres de l’Alliance, l’enjeu est désormais de transformer leur position politique en dispositions suffisamment précises pour orienter les investissements et les choix énergétiques des États.

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