Les élus du Gers viennent d’adresser un courrier commun à Emmanuel Macron pour défendre la candidature de Golfech à l’accueil de deux réacteurs nucléaires EPR 2. Députés, sénateurs et responsables territoriaux affichent une unité rare, tous partis confondus, autour d’un enjeu économique et énergétique majeur. Leur demande repose sur un argument massif : 8 000 emplois en moyenne pendant vingt ans de construction, et 1 500 postes permanents une fois les installations opérationnelles.
Golfech : 8 000 emplois en moyenne sur 20 ans
Les chiffres avancés par les défenseurs du projet parlent d’eux-mêmes. Pendant la phase de construction des deux réacteurs EPR 2, le chantier mobiliserait en moyenne 8 000 emplois sur une période estimée à vingt ans. Au pic des travaux, ce nombre pourrait atteindre 12 000 personnes, transformant durablement l’économie locale. Une fois les deux unités en service, 1 500 emplois permanents seraient créés sur le site et dans les entreprises sous-traitantes.
Pourquoi les élus du Gers défendent cette candidature maintenant
Les élus du Gers expliquent leur mobilisation par l’urgence du calendrier. Les arbitrages entre les six sites candidats interviendront avant la fin de l’année 2026, lors du Conseil de politique nucléaire. Seules quatre implantations seront retenues. Selon La Dépêche du Midi, les signataires du courrier incluent Jean-René Cazeneuve (Renaissance), David Taupiac (LIOT), les sénateurs Alain Duffourg (UDI) et Carole Rolando (PS), ainsi que Philippe Dupouy, président PS du Conseil départemental. Leur lettre affirme : « Au-delà de nos sensibilités politiques et de nos responsabilités respectives, nous partageons une même conviction. Il est rare qu’un projet de cette ampleur suscite un tel alignement. »
1 500 postes permanents : l’enjeu de l’emploi local
Les 1 500 emplois permanents représentent un levier structurel pour les territoires ruraux de Lomagne et du Gers. Ces postes couvrent l’exploitation des réacteurs, la maintenance, les services techniques et l’ensemble des fonctions support. Les élus insistent sur l’effet d’entraînement : maintien des écoles, des commerces, arrivée de nouveaux habitants, développement de formations spécialisées. Dans un département confronté au vieillissement démographique, l’implantation de deux EPR 2 pourrait inverser la tendance.
Golfech face à cinq autres sites : quel impact énergétique ?
Golfech se trouve en compétition avec cinq autres candidatures pour l’accueil des nouveaux réacteurs EPR 2, dans le cadre de la stratégie française de décarbonation. Le gouvernement prévoit de retenir quatre sites maximum parmi les six candidats. L’enjeu dépasse la dimension locale : il s’agit de renforcer la capacité de production nucléaire du pays, pilier de la transition énergétique vers la neutralité carbone d’ici 2050.
La sélection des sites repose sur plusieurs critères techniques, économiques et sociaux. Golfech bénéficie d’un atout décisif : le site héberge déjà deux réacteurs en fonctionnement depuis plus de trente ans. Comme le rapporte 20 Minutes, la candidature est portée par la communauté de communes des Deux Rives et fédère trois départements (Gers, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne) ainsi que deux régions (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine). Pas moins de 76 collectivités et institutions ont délibéré en faveur du projet, témoignant d’une mobilisation territoriale sans précédent.
Un site déjà exploité depuis 30 ans : les avantages d’une implantation connue
L’expérience accumulée depuis trois décennies constitue un argument de poids. Le site de Golfech a été conçu dès l’origine pour accueillir quatre tranches, ce qui facilite techniquement l’extension. Les infrastructures de refroidissement, de raccordement au réseau électrique et les dispositifs de sécurité existent déjà. Les compétences locales dans le secteur nucléaire sont établies, avec un tissu d’entreprises sous-traitantes rodées aux exigences de l’industrie atomique. L’acceptabilité sociale est également acquise, facteur déterminant dans un contexte où d’autres projets énergétiques rencontrent des oppositions.
Décisions avant fin 2026 : le calendrier du Conseil de politique nucléaire
Le Conseil de politique nucléaire doit trancher avant la fin de l’année 2026. Cette instance, qui réunit l’exécutif et les acteurs clés du secteur, examinera les dossiers des six sites candidats. Les critères d’évaluation incluent la faisabilité technique, l’impact économique territorial, la sécurité d’approvisionnement en eau de refroidissement, et la capacité des collectivités à absorber l’afflux de main-d’œuvre pendant la construction.






