Le programme d’investissements de RTE pour 2026 est ramené à 4,09 milliards d’euros. Dans une communication rendue publique le 26 octobre 2026, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) annonce avoir approuvé une enveloppe révisée de 4 092,6 millions d’euros, contre 4 239,1 millions lors de la validation initiale en février. La délibération a été adoptée le 15 octobre et publiée ce lundi.
La diminution de 3,5 % correspond principalement à des décalages dans les dépenses prévues pour certains chantiers. Le régulateur relève que les aléas sont davantage liés aux calendriers des projets qu’à des modifications de leurs volumes ou de leurs prix. Cette révision intervient alors que le réseau de transport doit accueillir de nouveaux usages industriels, des installations renouvelables et des capacités de production électrique.
Les raccordements et le renouvellement des lignes concentrent les ajustements
Le budget consacré aux adaptations du réseau et aux raccordements passe de 1 134,3 à 1 086,7 millions d’euros, soit 47,6 millions de moins. La CRE détaille notamment des reports de livraisons de matériel, des décalages de projets de clients et des délais d’études techniques. Dans le même temps, les dépenses prévues pour les infrastructures mutualisées destinées aux zones de décarbonation augmentent de 14,2 millions d’euros : certains travaux ont été anticipés.
Le renouvellement du réseau représente désormais 1 064,8 millions d’euros, contre 1 116,9 millions initialement. Selon la délibération n° 2026-209 de la CRE, les 52,1 millions d’euros d’écart proviennent surtout de décalages de travaux sur les lignes, liés à des contraintes administratives, à des difficultés de fournisseurs ou à des aléas de chantier.
Les interconnexions électriques avec les pays voisins suivent une trajectoire différente : leur enveloppe augmente légèrement, de 660,9 à 662,8 millions d’euros. La CRE juge cette prévision prudente au regard des retards déjà observés sur certains projets transfrontaliers.
Éolien en mer : des dépenses reportées face aux incertitudes de calendrier
Pour le développement du réseau en mer, l’enveloppe 2026 est abaissée de 618,6 à 572,9 millions d’euros. RTE adapte ses dépenses au calendrier des parcs éoliens, notamment ceux de la deuxième programmation pluriannuelle de l’énergie, dont plusieurs dates de mise en service demeurent incertaines.
Le régulateur demande une meilleure visibilité sur ces échéances pour limiter le risque de financer des infrastructures de raccordement trop tôt, ou de subir des surcoûts en cas de changement de calendrier. Il appelle notamment à consolider la planification opérationnelle de certains projets d’éolien en mer, dont les projets flottants concernés par cette programmation.
Les raccordements des énergies renouvelables terrestres présentent un autre arbitrage. Malgré une baisse de 31,1 millions d’euros des dépenses prévues dans les schémas régionaux de raccordement, RTE anticipe désormais la création de 1 464 MW de capacité d’accueil supplémentaire en 2026, contre 1 402 MW dans son programme initial. Le gestionnaire indique ainsi maintenir sa trajectoire de capacités disponibles.
Un suivi renforcé des coûts et des délais
La CRE estime que 72 % des décalages de projets recensés dans son analyse proviennent de causes extérieures à RTE. Elle souligne les progrès réalisés dans la fiabilité des prévisions, tout en demandant une surveillance accrue des coûts unitaires, notamment pour le renouvellement des équipements de contrôle-commande.
Le bilan définitif de l’exercice 2025, publié dans le même dossier, fait apparaître 3 346,4 millions d’euros d’investissements réalisés, soit 3,6 % de moins que le programme initialement approuvé pour cette année-là. Le régulateur y voit un écart limité et justifié.
RTE devra remettre à la CRE son bilan d’exécution des investissements 2026 au plus tard le 31 mars 2027, accompagné d’éléments sur les coûts et le renouvellement du contrôle-commande. L’approbation du programme annuel fixe le cadre de suivi des investissements ; leur traitement dans les tarifs d’utilisation des réseaux relève de décisions réglementaires distinctes.






