Un adolescent scolarisé dans les établissements qu’il visait a été identifié par les gendarmes du Tarn et convoqué devant le tribunal pour enfants pour treize fausses alertes à la bombe dans des collèges et lycées d’Albi et de Gaillac, raconte Frandroid. Le mineur pensait échapper aux enquêteurs en utilisant un VPN pour masquer son adresse IP au moment d’envoyer ses messages de menace.
Tout commence le 24 mars 2025. Ce jour-là, le collège Albert-Camus, dans l’ouest du Tarn, est évacué après la réception d’un mail signalant la présence d’une bombe dans l’enceinte de l’établissement. Quelques mois plus tard, le 13 octobre 2025, les lycées Victor-Hugo et Rascol, à Albi, subissent le même scénario.
Un maître-chien avait alors dû être dépêché depuis Lunel, dans l’Hérault. Des menaces similaires se répètent ensuite régulièrement, jusqu’en juin 2026, totalisant treize fausses alertes et faits de swatting visant collèges, lycées et collectivités du secteur de Gaillac.
Le VPN a coupé une piste, pas toutes
L’enquête est confiée à la brigade de recherches de Gaillac, sous la direction du parquet d’Albi. Sa dimension numérique nécessite rapidement l’appui d’unités spécialisées : l’antenne de l’Unité nationale cyber, basée à la section de recherches de Toulouse et compétente sur huit départements d’Occitanie, les enquêteurs NTech de Haute-Garonne, et le Centre de lutte contre les criminalités numériques.
Ensemble, ils croisent données téléphoniques et numériques, à la recherche de ce que le VPN n’avait pas réussi à effacer.
Chaque connexion Internet porte en effet une adresse IP, une sorte d’adresse postale attribuée par l’opérateur et permettant en principe de remonter jusqu’à l’abonné. Un VPN fait transiter la connexion par un serveur intermédiaire : les sites visités ne voient que l’adresse de ce serveur, pas celle de l’utilisateur.
Mais cookies, comptes en ligne, paiements ou volumes de données consommés restent, eux, visibles. Autant de traces que les enquêteurs du Tarn ont pu exploiter grâce à des outils de criminalistique numérique capables de décrypter des réseaux chiffrés élaborés. Les gendarmes affirment avoir pu « rassembler des preuves matérielles indiscutables impliquant un jeune homme », scolarisé dans ces établissements au moment des faits.
En droit français, la divulgation de fausses informations comme une alerte à la bombe est passible de 3 ans de prison et de 45 000 euros d’amende. Étant mineur, le suspect sera jugé par le tribunal pour enfants, la juridiction compétente pour les faits commis par des personnes n’ayant pas atteint la majorité.
Pour les gendarmes, cette affaire « démontre une nouvelle fois que l’usage de VPN ou le sentiment d’anonymat sur Internet ne protègent pas des poursuites judiciaires ». Ils rappellent à cette occasion l’existence de 17Cyber, le guichet 17cyber.gouv.fr, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 aux particuliers, entreprises et collectivités victimes d’une cyberattaque.
Chacune des treize alertes avait nécessité, en son temps, le déploiement de moyens lourds de gendarmerie ou de police sur le terrain.






