Un Pixel sous Android et un iPhone laissés allumés, sans aucune manipulation, ont contacté leur fabricant respectif environ toutes les quatre minutes et demie, alerte Les Numériques. C’est le résultat obtenu en 2021 par Douglas Leith, chercheur au Trinity College de Dublin, qui a mesuré ces échanges sur 12 heures : l’Android a transmis près de 1 Mo de données à Google, l’iPhone 52 Ko à Apple.
Ces envois se poursuivaient même lorsque l’utilisateur avait explicitement refusé le partage de données. Google l’a justifiée en comparant le téléphone à une voiture moderne, qui en aurait besoin pour bien fonctionner.
Antonio Domènech Picó, fondateur de la société Tecnidom, administre des systèmes informatiques depuis une trentaine d’années. Il a voulu savoir ce que faisait son propre téléphone quand personne n’y touchait. Début octobre 2026, sur la radio espagnole COPE, il a raconté avoir découvert qu’en pleine nuit, son appareil dialoguait avec un domaine qu’il ne connaissait pas, un échange chiffré et donc impossible à analyser. « Je l’ai vérifié moi-même », a-t-il assuré.
4 constructeurs passés au crible
Une seconde étude menée par Douglas Leith avec l’université d’Édimbourg a analysé les versions d’Android de Samsung, Xiaomi, Huawei et Realme. Les applications préinstallées transmettent des identifiants matériels et la liste des applications installées, sans qu’aucun réglage ne permette à l’utilisateur de s’y opposer.
Ces données partent vers le constructeur lui-même, mais aussi vers des tiers : Google, Microsoft, Facebook et Heytap, le service en ligne d’Oppo. Seule exception relevée : /e/OS, une version d’Android débarrassée des services Google, n’envoyait presque rien.
Ces envois nocturnes arrivent par salves parce qu’en veille prolongée, Android coupe le réseau et ne le rouvre que lors de brèves fenêtres de maintenance. Synchronisations, sauvegardes et mises à jour en attente partent alors toutes d’un coup. De l’extérieur, impossible de distinguer si une rafale transporte des photos vers le cloud ou de simples statistiques d’usage.
Face à cela, Antonio Domènech Picó conseille de vérifier en priorité les autorisations accordées aux applications : caméra, micro et localisation ne devraient être activés que pour celles qui en ont réellement l’usage. Sur Android, la fiche de chaque application permet de bloquer ses données en arrière-plan ; sur iPhone, ce réglage se trouve dans Réglages > Général > Actualisation en arrière-plan.
Toujours sur iPhone, le menu Confidentialité et sécurité > Analyses et améliorations permet de stopper l’envoi des rapports d’usage. Les applications du fabricant jamais utilisées peuvent souvent être désactivées. Ces mesures réduisent le trafic de données, mais ne le suppriment pas totalement. Selon Antonio Domènech Picó, la seule méthode pour obtenir un silence total reste d’éteindre le téléphone.






