Presque tous les smartphones modernes contiennent un magnétomètre capable de jouer le rôle de détecteur de métaux basique, confirme La Crème du Gaming. Cette fonction technique, présente sur la quasi-totalité des modèles récents, reste largement ignorée par les utilisateurs.
Ce capteur n’a rien d’exotique : c’est le même qui alimente la boussole de l’application Cartes pour indiquer le nord. Son détournement en détecteur de métaux de poche demeure pourtant méconnu, alors qu’il pourrait rendre service en bricolage ou simplement amuser les enfants.
Le magnétomètre mesure le champ magnétique sur trois axes, X, Y et Z, puis le système convertit ces valeurs en une intensité globale exprimée en microteslas. En France, le champ magnétique terrestre tourne autour de 47 µT, dans une plage typique de 25 à 65 µT.
Dès qu’un objet ferromagnétique, fer, acier, nickel ou cobalt, ou un aimant s’approche du téléphone, le champ local se déforme brutalement. Un simple aimant de réfrigérateur peut faire grimper la mesure au-delà de 5 000 µT, de quoi faire s’emballer aussitôt les applications dédiées.
Le smartphone ne détecte donc pas le métal lui-même, mais une anomalie du champ magnétique provoquée par certains matériaux conducteurs ou magnétiques.
Trois à huit centimètres de portée réelle
Avant de se lancer, mieux vaut vérifier que le téléphone embarque bien ce capteur, via une application de test de capteurs, disponible aussi bien sur Android que sur iOS, qui signale la présence d’un capteur de champ magnétique. Certains modèles d’entrée de gamme en sont dépourvus, ce qui rend la manipulation impossible.
Si le magnétomètre est là, il suffit d’installer une application dédiée sur le Google Play Store ou l’App Store, affichant la valeur du champ en microteslas, parfois accompagnée d’un bip ou d’une vibration au-delà d’un certain seuil. Une calibration s’impose : éloigner le téléphone de tout objet métallique, dessiner un grand huit dans l’air pour recalibrer la boussole, puis noter la valeur de base.
Il reste ensuite à balayer lentement la zone à analyser, à quelques centimètres de la surface, en gardant la même orientation. La portée réaliste ne dépasse pas 3 à 8 centimètres : une hausse forte signale probablement le passage au-dessus d’une vis, d’une charnière ou d’un aimant.
De quoi retrouver un clou tombé dans un tapis, repérer un montant métallique derrière une cloison fine, ou vérifier la présence d’un aimant dans un jouet. L’outil se prête aussi à des expériences scientifiques simples avec les enfants, pour visualiser le champ d’un haut-parleur ou d’un aimant puissant.
Le procédé a ses limites, et elles sont nettes. Le smartphone reste quasiment aveugle à l’or, à l’aluminium, au cuivre ou à l’argent, surtout si les objets sont petits ou enterrés : il ne faut donc pas s’en servir pour la chasse à l’or ou aux pièces de monnaie enfouies.
Sa portée, trop courte, ne convient ni à la sécurité électrique ni au gros bricolage. Pour localiser de manière fiable des câbles sous tension dans un mur ou analyser un sol en profondeur, un détecteur de métaux professionnel ou un scanner mural dédié reste nécessaire.






