Gaz : le prix repère de la CRE va bondir de 5,6% en septembre 2026

La Commission de régulation de l’énergie annonce une hausse de 5,6% du prix repère du gaz au 1er septembre 2026, portant le tarif à 172,05 euros TTC par mégawattheure. Cette augmentation, qui concerne 6 millions de ménages français ayant souscrit une offre indexée, découle directement de la flambée des marchés de gros européens provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz depuis le 28 février 2026.

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Mauvaise nouvelle pour les trois quarts des abonnés au gaz : le tarif de référence bondit de 15,4 % dès mai, voici qui est concerné
Gaz : le prix repère de la CRE va bondir de 5,6% en septembre 2026 © L'EnerGeek

Derrière la hausse de 5,6% annoncée le 10 août 2026 par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) se cache une mécanique complexe. Des marchés de gros européens à la formation du prix repère français, en passant par un conflit géopolitique qui paralyse 20% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Décryptage d’une transmission en cascade qui fera grimper les factures de 6 millions de ménages français dès le 1er septembre.

Le PRVG : la boussole du marché gazier français

Comment fonctionne le prix repère de vente de gaz ?

Depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz en 2023, le prix repère de vente de gaz (PRVG) remplace l’ancien mécanisme tarifaire. Fixé mensuellement par la CRE, ce tarif de référence atteindra 172,05 euros TTC par mégawattheure au 1er septembre 2026. Comme l’explique la CRE, « le prix repère de vente de gaz constitue une sorte de boussole du marché, qui aide les fournisseurs à fixer le montant de leurs offres et les consommateurs à les comparer ». Contrairement aux anciens tarifs réglementés imposés à tous, le PRVG sert de base aux offres indexées proposées par les fournisseurs. Seuls 60% des abonnés résidentiels français, soit environ 6 millions de ménages, ont souscrit ces offres indexées et subissent donc directement les variations mensuelles.

De l’indice TTF au tarif français : la chaîne de transmission

Le PRVG se calcule à partir de l’indice TTF néerlandais, référence européenne du prix du gaz sur les marchés de gros. Chaque fluctuation du TTF se répercute mécaniquement sur le tarif français avec un décalage d’environ deux semaines, le temps nécessaire à la CRE pour consolider les données et publier le nouveau prix. Cette transmission directe explique pourquoi les tensions géopolitiques affectant l’approvisionnement gazier mondial impactent quasi instantanément les factures françaises. Les 40% de ménages ayant opté pour des offres à prix fixe échappent temporairement à cette volatilité, bénéficiant d’une protection jusqu’à l’échéance de leur contrat.

Marchés de gros : une volatilité extrême depuis février 2026

L’indice TTF en hausse de 93,18% : la trace du conflit

L’indice TTF néerlandais a quasiment doublé en six mois. Le 27 février 2026, veille du déclenchement du conflit au Moyen-Orient, il cotait 31,959 euros par mégawattheure. Au 10 août 2026, jour de l’annonce de la CRE, il atteignait 61,700 euros, soit une progression de 93,18%. Cette explosion s’explique entièrement par la crise géopolitique, comme le confirme la CRE : « Cette hausse est entièrement liée à l’augmentation des prix du gaz sur les marchés, alimentée par le conflit persistant au Moyen-Orient ». Les opérateurs européens, privés d’une partie de leurs approvisionnements habituels, se livrent une concurrence acharnée sur les volumes disponibles, faisant grimper les cours.

Le 11 août 2026 : nouveau pic de volatilité à 55,7 euros/MWh

La journée du 11 août 2026 a marqué un nouveau soubresaut des marchés. Le contrat à terme sur le méthane pour livraison en septembre a clôturé à 55,7 euros par mégawatt-heure, enregistrant une augmentation de 6,3% en une seule séance. Cette volatilité témoigne de la nervosité persistante des marchés, qui anticipent une rentrée tendue. Les stocks européens, bien que mieux garnis en France que chez ses voisins, ne suffisent pas à rassurer les traders face à l’incertitude sur la durée du blocage du détroit d’Ormuz.

Qui subit cette hausse ? 

Les 6 millions de ménages français ayant souscrit une offre indexée sur le PRVG verront leur facture augmenter mécaniquement de 5,6% dès le 1er septembre. Pour un foyer consommant 12 000 kWh par an (moyenne nationale pour le chauffage au gaz), la hausse représente environ 100 euros supplémentaires sur l’année. Les ménages précaires, souvent contraints de choisir les offres les moins chères à court terme, subissent de plein fouet cette volatilité. À l’inverse, les 40% d’abonnés ayant privilégié la sécurité d’une offre à prix fixe bénéficient d’une immunité temporaire. Leur tarif reste stable jusqu’à l’échéance de leur contrat, généralement d’un à trois ans. 

 

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