Ce Niçois veut envoyer des boucliers solaires dans l’espace pour stopper les canicules

Un ex-agent immobilier niçois veut installer des boucliers solaires à 36 000 km d’altitude pour freiner les canicules. Utopie ou coup de génie pour bousculer les politiques ? Sa démarche surprend et interroge.

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Ce Niçois veut envoyer des boucliers solaires dans l'espace pour stopper les canicules
Ce Niçois veut envoyer des boucliers solaires dans l’espace pour stopper les canicules © L'EnerGeek

Placer des satellites à 36 000 kilomètres de la Terre, en orbite géostationnaire, pour y installer un système de panneaux capable de renvoyer une partie du rayonnement solaire avant qu’il n’atteigne l’écorce terrestre. C’est l’idée que défend Gilles Lazzarini, rapportée par Nice Matin, qui espère ainsi réduire temporairement la chaleur ressentie lors des canicules.

« Placer des satellites à 36 000 km en géostationnaire et créer un système de panneaux destinés à faire baisser la quantité de photons qui atteignent l’écorce terrestre en renvoyant une partie du rayonnement solaire », résume-t-il, avant d’ajouter que cela permettrait de « réduire temporairement la chaleur ressentie lors d’événements extrêmes comme les canicules que l’on connaît actuellement dans le monde ».

L’homme derrière ce projet n’est pas un chercheur en aérospatiale. Gilles Lazzarini est ingénieur en informatique de formation, devenu depuis agent immobilier. Né et élevé à Nice, il vit à Villeneuve-Loubet et suit la question du dérèglement climatique depuis plus de 20 ans. Il se présente lui-même comme « un écoanxieux ».

Père de trois enfants, il redoute des pics de température à 50 degrés en 2050. « J’ai trois enfants, je ne me résous pas à imaginer vivre avec des pics de température à 50 degrés en 2050. Je lance donc un appel au nom des générations qui subiront les canicules de plus en plus extrêmes », affirme-t-il.

Une idée sans prototype, pensée pour bouger les politiques

Gilles Lazzarini le reconnaît sans détour : son bouclier solaire n’existe que sur le papier. « Non, je n’ai pas conçu de prototype ni travaillé sur ce bouclier solaire avec une équipe d’ingénieurs. C’est avant tout une idée lancée pour inciter les politiques à bouger », explique-t-il.

Son raisonnement part d’un constat sur l’inertie politique face à la crise climatique. « Manifestement, les politiques n’arrivent pas à changer de prisme du tout énergie fossile. Alors si on n’est pas capable de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut voir comment limiter le rayonnement solaire », estime-t-il.

Ce n’est pas la première fois que Gilles Lazzarini tente de peser sur le débat public. Il a fondé l’association OMPE (Organisation mondiale pour la protection de l’environnement), ainsi qu’un parti politique dissous. Il a également envisagé de se présenter à l’élection présidentielle et a un temps envoyé son CV pour décrocher le poste de ministre de la Transition écologique.

Pour lui, les avancées concrètes ne viendront pas d’en haut. Il se dit « intimement convaincu que les projets viendront de la société civile, qu’elle peut mettre un pied dans la porte pour demander des actions concrètes ». Il ne se cache pas non plus des limites de sa proposition : « Ce que j’avance peut sembler utopique mais, au stade où nous sommes, avec les conséquences déjà concrètes du bouleversement climatique, je refuse de ne rien faire, de ne rien dire. »

Reste la question de savoir comment qualifier sa démarche. « Je suis peut-être une sorte de lanceur d’alerte sur le climat, je ne sais pas comment on peut appeler ma démarche, mais si cela permet de lancer les discussions, de faire réfléchir, ce sera déjà ça de gagné… », conclut-il.

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