Durement frappée par l’Ukraine, la Russie se retrouve à acheter de l’essence à l’Inde

La Russie, habituellement exportatrice de pétrole, se tourne vers l’Inde pour importer de l’essence.

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Durement frappée par l'Ukraine, la Russie se retrouve à acheter de l'essence à l'Inde
Durement frappée par l’Ukraine, la Russie se retrouve à acheter de l’essence à l’Inde © L'EnerGeek

Ces dernières semaines, plusieurs frappes ukrainiennes ont visé des infrastructures énergétiques russes, des raffineries aux centres logistiques, parfois à des centaines de kilomètres de la ligne de front. Ces attaques ont perturbé l’approvisionnement en énergie et aggravé une situation déjà fragile. La Russie, l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde, cherche désormais des solutions pour compenser les pénuries de carburant.

Les frappes ukrainiennes touchent les infrastructures russes

Les offensives ukrainiennes ont pris pour cible des installations comme des raffineries et des dépôts pétroliers. En combinant drones et missiles, elles visent à réduire les revenus qui alimentent l’économie de guerre russe. Plusieurs raffineries ont été endommagées et l’approvisionnement national en carburant s’en est trouvé perturbé.

Dans de nombreuses régions de Russie, faire le plein en station devient plus difficile.

Ce que ça change et les mesures prises

Plusieurs régions russes ont dû instaurer des rationnements et certaines stations ont fermé. En Crimée, annexée illégalement en 2014, les ventes de carburant aux particuliers ont été suspendues.

Moscou a réagi vite. Selon BFMTV, le pays a commencé à importer de l’essence depuis l’Inde pour combler ces manques, ce qui pourrait modifier l’offre russe sur le carburant. Des discussions sont en cours avec plusieurs fournisseurs, dont l’Inde et la Biélorussie, pour diversifier les approvisionnements.

Flux commerciaux : stratégie pragmatique ou signe de faiblesse ?

Le renversement est inattendu : la Russie importe de l’essence, alors qu’elle exporte habituellement plus d’hydrocarbures qu’elle n’en achète. Au moins 60 000 tonnes ont déjà été expédiées depuis l’Inde, et les importations pourraient atteindre 400 000 tonnes par mois.

On peut aussi y voir un renvoi d’ascenseur, après que la Russie a augmenté ses exportations de pétrole russe vers l’Inde lors du blocage du détroit d’Ormuz, un point névralgique du commerce énergétique mondial.

La Biélorussie voisine n’est pas en reste : Minsk a triplé ses expéditions d’essence par voie ferroviaire vers la Russie, en réponse aux perturbations liées aux frappes ukrainiennes. Les deux pays resserrent ainsi leur coopération dans un contexte géopolitique tendu.

Et après ? perspectives énergétiques et jeu géopolitique

Ces ajustements visent à limiter les effets des frappes ukrainiennes et à stabiliser le marché intérieur russe. Vladimir Poutine a promis de « garantir » la sécurité des Russes, tout en reconnaissant que ces frappes posent de sérieux problèmes et créent une « certaine pénurie » de carburant.

Dans le même temps, les États-Unis ont accordé à l’Inde une dérogation d’un mois pour acheter du pétrole russe, malgré les sanctions en vigueur, preuve du poids des liens énergétiques entre ces puissances.

La Russie modifie aussi sa fiscalité pour faciliter les importations. Reste à voir comment ces adaptations pèseront sur le marché énergétique mondial à long terme. L’Inde s’impose comme un partenaire énergétique de premier plan, dans un jeu d’alliances qui se recompose.

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