Les robots conçus pour une seule tâche sont en train de disparaître. Les appareils polyvalents se multiplient, propulsés par l’intelligence artificielle et capables d’enchaîner plusieurs missions comme le ferait un humain. La start-up franco-américaine Genesis AI, lancée début 2025 par Zhou Xian (docteur de l’université Carnegie Mellon) et Théophile Gervet (ancien chercheur chez Mistral AI), appartient à cette catégorie. Elle compte des bureaux à Paris et en Californie, environ 60 employés, et a levé 90,6 millions d’euros lors d’un tour de table « seed » soutenu par des investisseurs comme Eric Schmidt et Xavier Niel.
Eno, un robot polyvalent sans jambes ni tête
Mardi 16 juin, Genesis AI a présenté Eno, un robot au design inhabituel : pas de jambes, pas de tête, mais une base à roulettes surmontée d’une tour pliable qui s’ajuste en hauteur selon la tâche. Eno a deux bras dont les mains, très agiles, atteignent 20 degrés de liberté et portent des capteurs tactiles, ce qui lui permet de manipuler des objets avec une précision proche de celle d’une main humaine. Une caméra embarquée l’aide à mieux percevoir son environnement.
Genesis AI a développé son propre modèle d’IA, GENE. Il aide Eno à comprendre un objectif, à le découper en étapes et à s’adapter si la situation change. C’est un algorithme d’apprentissage avancé. Théophile Gervet a déclaré : « Contrairement aux robots traditionnels qui exécutent des commandes isolées, GENE permet à Eno de fonctionner comme un véritable agent physique, capable de gérer des objectifs de A à Z. »
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Les marchés et objectifs visés par Genesis AI
L’architecture non-humanoïde d’Eno répond aux besoins de clients industriels qui travaillent surtout sur des sols plats. Théophile Gervet l’explique dans La Tribune : « La plupart des clients industriels travaillent sur des sols plats où les roues suffisent ; les jambes ne se justifieraient que pour grimper des escaliers, un cas de figure encore marginal. » Genesis AI veut soulager les travailleurs des tâches répétitives ou physiquement pénibles, comme la manutention et l’assemblage de précision, là où le robot humanoïde vise plutôt les tâches domestiques.
D’ici la fin de 2026, Eno devrait être produit en série et déployé chez les premiers clients. Le lancement est prévu d’abord dans la logistique et l’industrie, puis dans les hôtels et les hôpitaux, avant le marché domestique. Le mouvement vers la production en série de robots se confirme.
Ce qui attend Eno
La société veut renforcer sa présence sur le marché américain, notamment grâce à son partenariat avec LG CNS. Genesis AI a déjà fabriqué des dizaines d’unités d’Eno et la production en série devrait démarrer cette année, avec les premières mises en service sur le terrain. Théophile Gervet anticipe : « d’ici à dix ans, un milliard de robots peupleront cette Terre dans les hôpitaux, les maisons et tous types d’industries. »






