Alors que les prix du carburant atteignent des niveaux critiques, Bercy réfléchit à relancer le leasing social. Ce mécanisme, lancé en 2024, s’inscrit désormais dans un plan plus vaste d’électrification du parc automobile français, avec un objectif, celui de démocratiser l’accès aux voitures électriques tout en réduisant la dépendance énergétique.
Le leasing social, une proposition de Bercy face à la flambée des prix des carburants
La décision d’accélérer le leasing social intervient dans un contexte de tension extrême sur les prix de l’énergie. En effet, le litre de gazole atteint désormais jusqu’à 2,30 euros dans certaines stations. Dès lors, le gouvernement cherche à limiter l’impact direct sur les ménages dépendants de leur véhicule. Par conséquent, le leasing social devient un levier central pour orienter rapidement les usages vers les voitures électriques. Dans ce cadre, Bercy prépare un plan d’ampleur, initialement prévu pour juin 2026 mais qui pourrait être avancé de plusieurs semaines. Selon 01net, « le gouvernement s’apprête à relancer massivement son leasing social pour la voiture électrique à 100 € », précisant que cette nouvelle version sera plus large et plus rapide à déployer.
Ainsi, l’objectif dépasse désormais la simple expérimentation : il s’agit d’un basculement accéléré vers les voitures électriques. Par ailleurs, cette accélération s’inscrit dans une logique stratégique. Comme le rappelle BFM TV le 8 avril 2026, « Bercy poursuit son plan d’électrification, notamment dans l’automobile, et s’apprête à étendre le leasing social de voitures électriques ». Cette orientation confirme que le leasing social n’est plus une mesure ponctuelle, mais bien un pilier structurel de la politique industrielle.
Un dispositif élargi pour démocratiser les voitures électriques
Le succès initial du leasing social constitue un argument majeur pour sa relance. Dès janvier 2024, le dispositif avait enregistré plus de 50 000 demandes validées en six semaines. En parallèle, le gouvernement indique que 100 000 ménages modestes ont déjà bénéficié du programme depuis son lancement, d’après un communiqué officiel du 12 janvier 2026. Cette popularité s’explique notamment par son accessibilité. Le leasing social permet de louer une voiture électrique à partir de 100 euros par mois, sans apport initial.
En conséquence, il constitue une alternative crédible aux véhicules thermiques, surtout dans un contexte de hausse des carburants. De plus, ce modèle favorise l’inclusion sociale en ciblant des foyers modestes. Cependant, la nouvelle version du leasing social devrait aller plus loin. D’une part, le dispositif pourrait être élargi à de nouvelles professions. Les infirmiers libéraux et aides-soignants à domicile pourraient devenir éligibles, une évolution majeure face à l’explosion de leurs coûts de déplacement. D’autre part, TF1 Info a précisé le 3 avril 2026 que le gouvernement vise désormais à dépasser les 50 000 véhicules attribués lors de la prochaine phase. Ainsi, le leasing social se transforme progressivement en outil de politique publique ciblée, capable de soutenir des catégories professionnelles spécifiques tout en accélérant l’adoption des voitures électriques.
Leasing social : un modèle sous contrainte budgétaire et industrielle
Si le leasing social séduit, son coût soulève néanmoins des interrogations. Lors de la première édition, chaque dossier représentait environ 13 000 euros de subvention publique, pour un budget total estimé à 650 millions d’euros. Dès lors, le gouvernement a été contraint de revoir son modèle économique. Ainsi, la subvention moyenne a été réduite à environ 7 380 euros par véhicule lors des éditions suivantes. En parallèle, le financement évolue. Désormais, une partie du coût repose sur les certificats d’économies d’énergie, mobilisant directement les énergéticiens. Cette transformation permet de limiter l’impact sur les finances publiques tout en maintenant l’efficacité du leasing social. Toutefois, ce choix suscite des inquiétudes dans la filière automobile.
En effet, certains industriels redoutent que ce recentrage sur le leasing social se fasse au détriment du bonus écologique classique. Par ailleurs, les critiques portent aussi sur l’origine des véhicules. Selon Frandroid, 80 % des voitures électriques subventionnées entre 2018 et 2025 ont été produites hors de France, ce qui interroge sur les retombées économiques nationales. Dans le même temps, les données spécifiques au leasing social sont encore plus marquées. Toujours selon Frandroid, seulement 5 % des véhicules financés par ce dispositif sont assemblés en France. Ce déséquilibre alimente un débat sur l’efficacité industrielle du dispositif, malgré son succès social.






