Pourquoi la Chine construit le plus grand réseau électrique jamais conçu et prévoit de se passer du pétrole

La Chine investit 630 milliards d’euros dans un super réseau électrique qui pourrait révolutionner son approvisionnement énergétique.

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Pourquoi la Chine construit le plus grand réseau électrique jamais conçu et prévoit de se passer du pétrole
Pourquoi la Chine construit le plus grand réseau électrique jamais conçu et prévoit de se passer du pétrole © L'EnerGeek

La Chine a mis le cap sur un projet colossal : bâtir un « supergrid » électrique à très haute et ultra‑haute tension pour transformer son paysage énergétique. Ce plan, piloté par Pékin, vise à diminuer fortement la dépendance du pays aux importations d’hydrocarbures, en réponse aux tensions géopolitiques, pour atteindre une indépendance énergétique. Pour gagner en autonomie, la Chine compte développer massivement les énergies renouvelables produites dans ses régions reculées et les envoyer vers les grandes métropoles de la côte est, tout en intégrant des véhicules électriques dans le réseau.

Des lignes UHV et des infrastructures gigantesques

Pour mener à bien ce projet, la Chine installe des lignes à très haute tension et à ultra‑haute tension (UHV), capables de transporter de l’électricité sur des milliers de kilomètres tout en limitant les pertes. Ces lignes sont présentées comme l’épine dorsale de la transformation énergétique du pays. D’ici 2030, la Chine prévoit de mettre en service 15 nouvelles lignes, rapporte le magazine Science et Vie. Elles doivent relier les immenses parcs turbines éoliennes et solaires de l’ouest et du nord‑ouest aux principaux centres industriels et urbains de l’est, même si certaines lignes et systèmes de stockage restent pour l’instant sous‑exploités, ce qui pose des questions sur l’efficacité réelle du dispositif.

Mais pour que la transition fonctionne, il faut que l’électricité renouvelable arrive au bon moment et à des tarifs compétitifs. C’est un objectif majeur qui crée des défis opérationnels importants, notamment en matière de capacité de stockage.

Ce qu’on prévoit côté expansion et finances

La State Grid Corporation couvrait déjà plus de 80 % du territoire, desservant plus d’un milliard de personnes. Avec la China Southern Power Grid, elle vise à augmenter la capacité de transmission interrégionale de 35 % d’ici 2025. L’idée est d’ajouter chaque année environ 200 GW de capacité en éolien et solaire, soit la puissance installée totale d’un grand pays européen chaque année. Malgré cela, 60 % de l’électricité reste encore liée au charbon, ce qui montre que la transition est loin d’être achevée.

Sur le plan financier, l’effort national prévu atteint environ 630 milliards € sur cinq ans, la State Grid projetant un investissement de 504 milliards € entre 2026 et 2030, soit une hausse de 40 % par rapport au précédent plan quinquennal, selon Enerdata. Pour soutenir ces dépenses, l’entreprise a levé près de 95,1 milliards € en obligations domestiques pour 2025, un montant presque trois fois supérieur à celui de l’année précédente.

Malgré cet optimisme, la sous‑utilisation actuelle des infrastructures et l’accumulation de dettes inquiètent : la Chine doit veiller à ce que ces équipements ne deviennent pas un fardeau économique si les gains d’efficacité tardent à se matérialiser.

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