Depuis le 1er janvier 2026, le pétrole a entamé une trajectoire spectaculaire. Les cours du Brent et du WTI, relativement stables en début d’année, ont progressivement grimpé avant d’exploser début mars sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Ce 9 mars 2026, les marchés pétroliers se retrouvent confrontés à une situation inédite depuis plusieurs années. Le pétrole dépasse désormais les 100 dollars le baril, un seuil symbolique qui n’avait plus été franchi depuis 2022.
Le pétrole commence l’année 2026 autour de 60 dollars
Au début de l’année, le marché pétrolier semblait pourtant évoluer dans un environnement relativement équilibré. Après une année 2025 marquée par une baisse significative des prix, les analystes anticipaient plutôt un marché bien approvisionné. Selon Reuters, les prix du pétrole étaient attendus sous pression « en raison d’une offre mondiale abondante ». Dans ce contexte, le baril évoluait encore à un niveau relativement modéré. Le 2 janvier 2026, le Brent s’établissait autour de 61,27 dollars le baril tandis que le WTI se situait autour de 57,8 dollars.
Durant les premières semaines de l’année, les marchés restent globalement calmes. Fin janvier, le Brent tourne encore autour de 65,81 dollars tandis que le WTI se situe autour de 61 dollars.
La hausse du pétrole commence avec la tension Iran
La dynamique change progressivement au mois de février. Les tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran commencent à peser sur les anticipations du marché. Le 20 février 2026, le Brent atteint 71,76 dollars le baril tandis que le WTI se situe autour de 66,39 dollars. Quelques jours plus tard, les prix continuent de progresser légèrement. Le Brent s’approche alors de 71,97 dollars et le WTI de 66,76 dollars. À ce stade, les marchés intègrent déjà une prime de risque géopolitique liée aux tensions croissantes dans la région du Golfe. Toutefois, la situation reste encore relativement contenue.
Le véritable tournant intervient à la fin du mois de février. Les frappes militaires menées contre l’Iran provoquent une escalade rapide du conflit au Moyen-Orient, une région qui concentre une part essentielle de la production mondiale d’hydrocarbures. Les marchés pétroliers commencent alors à anticiper un choc sur l’offre mondiale.
Début mars : l’explosion du cours du pétrole
La réaction des marchés devient spectaculaire dès les premiers jours de mars. Le 1er mars, les prix bondissent immédiatement. Le Brent atteint alors environ 82,37 dollars le baril lors de la première réaction des marchés aux tensions militaires, selon Reuters. Mais la hausse ne s’arrête pas là. Les investisseurs redoutent une perturbation massive de l’approvisionnement énergétique mondial.
La situation se détériore encore lorsque les tensions touchent directement les routes maritimes et les infrastructures énergétiques du Golfe. Le 9 mars 2026, les cours franchissent un seuil symbolique majeur. Le pétrole dépasse les 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2022, selon Associated Press. La progression est fulgurante. Le Brent atteint environ 117,08 dollars le baril lors de la séance du 9 mars tandis que le WTI grimpe jusqu’à près de 119,96 dollars. Dans certains moments de marché, la hausse dépasse même 26 % en une seule séance.
Pétrole : le détroit d’Ormuz au cœur du choc énergétique
La flambée actuelle du pétrole s’explique avant tout par la menace qui pèse sur l’approvisionnement mondial. Le conflit au Moyen-Orient touche en effet une zone stratégique pour le transport du pétrole : le détroit d’Ormuz. Ce corridor maritime, situé entre l’Iran et Oman, constitue l’un des passages énergétiques les plus importants de la planète. Environ 20 % du pétrole transporté dans le monde passe par ce détroit.
Or la fermeture ou la perturbation de cette route maritime provoque immédiatement une onde de choc sur les marchés énergétiques. Des analystes cités par The Guardian expliquent que « la fermeture du détroit d’Ormuz a retiré environ 20 millions de barils par jour de l’offre mondiale ». Dans le même temps, plusieurs producteurs du Golfe ont réduit leur production en raison des difficultés logistiques et des perturbations liées au conflit. Ces tensions alimentent une forte volatilité sur les marchés de l’énergie et renforcent les craintes d’une crise énergétique mondiale.
Le pétrole se rapproche du record historique
L’ampleur de la hausse depuis le début de l’année impressionne les analystes. En un peu plus de deux mois, le Brent est passé d’environ 61 dollars début janvier à plus de 117 dollars ce 9 mars 2026. Le WTI a suivi une trajectoire similaire, passant d’environ 58 dollars à près de 120 dollars sur la même période.
Une telle progression en si peu de temps reste extrêmement rare dans l’histoire récente du pétrole. Les marchés commencent donc à regarder un autre chiffre : le record historique du pétrole. Ce record remonte à juillet 2008, lorsque le baril avait atteint environ 147 dollars. Avec des prix désormais supérieurs à 110 dollars, le pétrole n’est plus qu’à une trentaine de dollars de ce sommet historique.
Si les tensions au Moyen-Orient se poursuivent et si les exportations du Golfe restent perturbées, certains analystes estiment que le marché pourrait se rapprocher encore davantage de ce niveau.





