Dans un tour de force, une intelligence artificielle a mis au jour des centaines de géoglyphes jusque-là invisibles dans le désert de Nazca au Pérou. Cette découverte, saluée par les chercheurs comme une prouesse technologique, lève le voile sur des mystères enfouis depuis des siècles et commence à redéfinir notre compréhension de la civilisation Nazca. Elle montre aussi combien les avancées technologiques peuvent aider à explorer les trésors cachés de notre histoire collective.
Le désert de Nazca se révèle autrement
Le désert de Nazca, région reculée du Pérou connue pour ses figures monumentales et mystérieuses, a livré de nouveaux secrets grâce à l’intelligence artificielle. Sous un soleil écrasant et balayé par le vent, ce paysage hostile cache une foule de vestiges historiques. Réalisés par les anciens Nazcas, ces dessins géants, animaux, créatures humanoïdes et objets du quotidien, étaient pour la plupart dissimulés aux regards humains depuis près de 2000 ans.
Parmi les nouvelles trouvailles, 303 trésors archéologiques ont été identifiés. Il s’agit notamment de figures proches du sol, souvent sous forme d’amas de cailloux, qui pourraient représenter des sacrifices humains ou des objets utilitaires, comme des filets de pêche. Les figures connues, telles que le célèbre colibri de 96 mètres, côtoient désormais des dessins plus petits, souvent tracés le long d’anciens sentiers de pèlerinage.
Quand l’IA s’en mêle
Le projet de détection était mené conjointement par IBM et l’Université de Yamagata. Malgré 80 ans d’exploration humaine avant cette avancée technologique, de nombreux géoglyphes restaient cachés, explique Le Journal des Femmes. Les scientifiques japonais, en collaboration avec des archéologues expérimentés, ont publié leurs résultats dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences). L’analyse de « milliers de photos aériennes » a permis à l’IA, exploitant la puissance de calcul d’IBM, de repérer des contrastes subtils que les méthodes traditionnelles n’avaient pas détectés.
Le contraste avec les approches antérieures est frappant : les survols en avion et les images satellites, bien que nombreux, n’avaient pas percé tous ces mystères. En seulement six mois, l’IA a réussi à identifier ce que des décennies d’efforts humains minutieux n’avaient pas mis en lumière. Masato Sakai, chercheur impliqué dans le projet, a insisté sur la nécessité de protéger ces géoglyphes fragiles face aux aléas naturels et à l’activité humaine.






