Electricité : 92 TWh exportés en 2025, un record historique en France

En 2025, la France a signé un nouveau record historique d’exportation d’électricité, confirmant son rôle pivot au cœur du système énergétique européen. Portée par le redressement du nucléaire et une production massivement bas carbone, l’Hexagone a dégagé un excédent inédit, selon le gestionnaire du réseau RTE.

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Electricité : 92 TWh exportés en 2025, un record historique en France © L'EnerGeek

Le 25 février 2026, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE a publié son bilan électrique pour l’année 2025. Verdict : la France a battu son record d’exportation nette d’électricité, avec un solde de 92,3 térawattheures (TWh). Un niveau jamais atteint jusqu’ici. Cette performance repositionne la France comme l’un des principaux exportateurs d’électricité en Europe, tout en renforçant son profil bas carbone.

Electricité : un record d’exportation historique porté par le nucléaire et RTE

Avec 92,3 TWh exportés nets en 2025, la France dépasse son précédent pic. Ce volume représente environ 17 % de la production nationale d’électricité, selon le document « Bilan électrique 2025 – principaux résultats » publié par RTE le 25 février 2026. Autrement dit, près d’un cinquième de l’électricité produite sur le territoire a été vendue à l’étranger. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, Thomas Veyrenc, directeur général économie, stratégie et finances de RTE, souligne : « On parle ici de volumes considérables : 92 TWh, c’est plus que la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique », dans les colonnes du journal Le Monde.

Ce record repose d’abord sur la forte disponibilité du parc nucléaire. Après les difficultés rencontrées en 2022 et 2023, marquées par des arrêts de réacteurs liés à des problèmes de corrosion, la production atomique a retrouvé un niveau élevé. Résultat : la production totale d’électricité en France a atteint environ 544 TWh en 2025, en hausse de 1 % par rapport à 2024, d’après les données de RTE. Par ailleurs, la France a exporté massivement vers l’Italie, l’Allemagne et la Belgique, le Royaume-Uni ainsi que la Suisse. Les échanges avec l’Espagne sont restés proches de l’équilibre.

Une électricité bas carbone, atout stratégique pour la France et l’énergie européenne

Au-delà des volumes, c’est la nature de l’électricité exportée qui retient l’attention. En 2025, 95 % de la production française d’électricité était issue de sources bas carbone, selon Clean Energy Wire, s’appuyant sur les données de RTE. Un niveau historiquement élevé. Cette part inclut le nucléaire, mais aussi l’hydraulique, l’éolien et le solaire. Selon RTE, le contenu en émissions de la production d’électricité française a atteint un minimum historique en 2025. La France exporte donc majoritairement une électricité faiblement émettrice de CO₂, un atout dans un contexte européen marqué par la décarbonation accélérée des systèmes énergétiques.

En conséquence, ces exportations contribuent indirectement à réduire les émissions chez ses voisins, notamment lorsque l’électricité française se substitue à des centrales thermiques fossiles. Cette dimension climatique renforce la valeur stratégique du modèle électrique français au sein du marché intérieur de l’énergie.

Sur le plan économique, les exportations ont généré environ 5,4 milliards d’euros de recettes en 2025, selon Le Monde. Ce chiffre témoigne de l’importance croissante des échanges transfrontaliers dans la balance nationale.

Electricité et consommation en France : stabilité intérieure, surplus exportable

Si la France exporte autant, c’est aussi parce que la demande intérieure reste modérée. En 2025, la consommation d’électricité est restée stable et environ 6 % inférieure à son niveau d’avant crise, selon RTE dans son bilan du 25 février 2026. Cette contraction durable, amorcée lors de la crise sanitaire, s’explique par plusieurs facteurs : sobriété, efficacité énergétique accrue, ralentissement industriel ponctuel et électrification progressive mais encore incomplète de certains usages. Ainsi, malgré les ambitions d’électrification des transports et du chauffage, la demande globale ne retrouve pas encore ses niveaux d’avant 2020.

Dans ce contexte, l’écart entre une production en hausse et une consommation maîtrisée alimente mécaniquement le solde exportateur. Les 92,3 TWh d’exportations nettes enregistrés en 2025 traduisent donc autant la robustesse de l’appareil de production que la relative atonie de la demande intérieure. RTE estime de fait que « les conditions sont réunies pour permettre à la France d’accélérer l’électrification ». Le gestionnaire souligne que la disponibilité du parc de production et la solidité du réseau créent une fenêtre favorable pour intensifier la substitution des énergies fossiles par l’électricité.

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