La Chine se positionne en pointe dans le monde des véhicules électriques. D’après L’Automobile Magazine, le pays teste aujourd’hui une technologie de recharge bidirectionnelle ambitieuse, qui vise à transformer sa flotte de voitures électriques en une gigantesque batterie de secours pour le stockage d’énergie. L’idée : stabiliser le réseau lors des pics de consommation et, pourquoi pas, offrir un revenu supplémentaire aux conducteurs qui jouent le jeu.
La recharge bidirectionnelle, comment ça marche ?
Les stations de recharge bidirectionnelle permettent aux véhicules de se remplir pendant les heures creuses, puis de rendre l’énergie stockée au réseau quand la demande grimpe. Ce procédé, appelé interaction véhicule‑réseau, ou vehicle-to-grid (V2G), réduit la pression sur le réseau et peut rapporter de l’argent aux propriétaires. La rémunération annoncée atteint 187 € par décharge.
Pour l’instant, le projet est en pilote avec 30 stations installées dans neuf villes (les noms des villes n’ont pas été précisés). L’objectif est ambitieux : 5 000 stations d’ici 2027 et une capacité d’interaction énergétique de 1 000 GW d’ici 2030 (GW = gigawatts). Avec plus de 40 millions de voitures électriques sur ses routes, la Chine a les moyens de créer le plus grand réseau de batteries de stockage au monde.
Quels sont les freins et les gains économiques ?
La technologie V2G n’est pas sans défis. À l’échelle mondiale, il existe environ 150 projets similaires, mais la Chine dispose d’un avantage majeur : la possibilité de subventionner massivement ses infrastructures. Malgré ça, le prix reste un obstacle : un chargeur bidirectionnel coûte entre 1 932 et 2 576 €, soit près du triple d’une borne classique, mais les batteries LFP pourraient offrir des solutions plus économiques.
La stratégie énergétique chinoise
Longtemps pointée comme l’un des grands pollueurs, la Chine, malgré une forte dépendance au charbon, s’oriente nettement vers les énergies renouvelables. Elle se décrit elle‑même comme visant à devenir un ‘électro‑état’, et la transition énergétique s’inscrit clairement dans cette stratégie pour dominer le secteur des énergies renouvelables.
Pékin investit aussi dans d’autres projets d’envergure, comme le plus grand parc solaire du monde au Tibet et le barrage des Trois Gorges, connu pour sa capacité à influer sur la rotation terrestre, renforçant ainsi sa position dans les énergies renouvelables.






