Le 1er février 2026, le président américain Donald Trump a affirmé que la Chine était la bienvenue pour investir dans le pétrole du Venezuela. Cette déclaration intervient alors que l’industrie pétrolière vénézuélienne tente de se relever après des années de sanctions, de sous-investissement et une rupture politique majeure marquée par l’éviction de Nicolás Maduro.
Venezuela : une puissance pétrolière théorique, une production affaiblie
Sur le papier, le Venezuela reste un géant de l’énergie. Avec environ 303 milliards de barils de réserves prouvées, il dispose des plus importantes ressources pétrolières au monde. Pourtant, cette abondance contraste fortement avec la réalité opérationnelle. Début 2026, la production du Venezuela oscille autour de 880 000 barils par jour, un niveau très inférieur à son potentiel historique.
Cette situation résulte d’un enchaînement de facteurs structurels. D’abord, l’état des infrastructures pétrolières s’est fortement dégradé. Les champs matures souffrent d’un manque d’entretien, tandis que de nombreux projets ont été interrompus faute de capitaux et de technologies adaptées. Ensuite, les sanctions internationales ont limité l’accès aux marchés, aux équipements et aux financements indispensables à une industrie aussi lourde.
À la fin de 2025, les exportations ont été presque paralysées, entraînant une accumulation d’environ 25 millions de barils de pétrole résiduel dans les installations de stockage. Cette saturation logistique a aggravé les difficultés de la compagnie publique PDVSA et accentué la pression financière sur l’État vénézuélien, dont les recettes reposent largement sur l’or noir.
Avant l’éviction de Nicolás Maduro, la Chine était déjà un acteur clé de cet écosystème énergétique. Pékin figurait parmi les principaux acheteurs de brut vénézuélien et finançait une partie de l’économie via des prêts adossés à des livraisons de pétrole. Cette relation structurante explique l’intérêt persistant de la Chine pour le secteur énergétique du Venezuela.
L’ouverture américaine, une recomposition des flux pétroliers
Les déclarations de Donald Trump marquent une inflexion stratégique. En affirmant que la Chine est « la bienvenue » pour investir et acheter du pétrole vénézuélien, le président américain reconnaît implicitement que la relance du secteur passe par des capitaux étrangers, y compris chinois. Selon ses propos rapportés le 1er février 2026, cette ouverture doit permettre de relancer les volumes tout en garantissant une part des bénéfices aux États-Unis.
Pour les marchés de l’énergie, cette annonce modifie les anticipations. Une reprise progressive de la production vénézuélienne pourrait, à moyen terme, augmenter l’offre mondiale de brut, notamment de pétrole lourd, utilisé par certaines raffineries américaines et asiatiques. Toutefois, cette perspective reste conditionnée à la capacité du pays à attirer des investissements massifs et durables.
Pour Washington, l’enjeu énergétique est clair. En facilitant le retour du Venezuela sur le marché, les États-Unis peuvent contribuer à stabiliser les prix du pétrole, tout en réduisant l’influence d’acteurs jugés hostiles. Donald Trump a d’ailleurs affirmé que les États-Unis étaient désormais « aux commandes » du Venezuela, soulignant une volonté de contrôler les flux et les revenus générés par le secteur pétrolier.
Pour la Chine, cette ouverture offre une opportunité mais aussi une contrainte. Pékin peut sécuriser des approvisionnements supplémentaires et valoriser ses investissements passés. En revanche, accepter un cadre défini par Washington implique une perte relative d’autonomie stratégique sur un dossier énergétique sensible. Le pétrole vénézuélien devient ainsi un terrain de coopération contrainte entre deux grandes puissances rivales.
Les effets possibles sur l’offre mondiale
À court terme, les effets sur l’offre mondiale devraient rester limités. Avec une production inférieure au million de barils par jour, le Venezuela ne peut pas, à lui seul, bouleverser l’équilibre du marché. En revanche, à moyen terme, une remise en service progressive des puits fermés et une modernisation des infrastructures pourraient permettre une remontée significative des volumes.
Pour les investisseurs énergétiques, le Venezuela reste un marché à haut risque. L’incertitude politique, l’état des infrastructures et la gouvernance du secteur constituent des freins majeurs. Néanmoins, la perspective d’un cadre plus ouvert aux investissements étrangers, combinée à un soutien politique américain, pourrait attirer certains acteurs, notamment asiatiques, prêts à accepter un niveau de risque élevé en échange d’un accès à des réserves exceptionnelles.
Sur le plan géopolitique, cette recomposition des flux énergétiques repositionne le Venezuela comme un acteur à surveiller. Longtemps marginalisé sur le marché pétrolier, le pays pourrait redevenir, à terme, une variable d’ajustement dans les stratégies énergétiques des grandes puissances.
Enfin, pour les marchés mondiaux, le message est clair : le pétrole vénézuélien n’est plus seulement une ressource en sommeil, mais un levier stratégique en cours de réactivation. Les annonces de Donald Trump signalent un changement de doctrine qui, s’il se concrétise par des investissements effectifs, pourrait peser durablement sur l’équilibre énergétique international.





