Annoncée comme le futur du mobile, la 5G millimétrique est déjà sur la touche : que s’est-il passé ?

La 5G mmWave peine à s’imposer en Europe, malgré ses débits impressionnants.

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Annoncée comme le futur du mobile, la 5G millimétrique est déjà sur la touche : que s’est-il passé ?
Annoncée comme le futur du mobile, la 5G millimétrique est déjà sur la touche : que s’est-il passé ? © L'EnerGeek

Depuis plusieurs années, la 5G millimétrique, ou mmWave, est présentée comme une révolution capable de transformer les communications mobiles grâce à des débits ultra-rapides. Pourtant, alors qu’elle est déjà déployée aux États-Unis et dans certaines zones d’Asie, l’Europe, et notamment la France, traîne derrière. Pourquoi cette technologie peine-t-elle à s’imposer sur le Vieux Continent, malgré l’appétit pour les innovations numériques ?

Pourquoi l’Europe prend du retard côté économique et technique

Le retard de la 5G mmWave en Europe s’explique en grande partie par la perception que l’investissement n’est pas rentable pour les opérateurs. La technologie oblige non seulement à acheter de nouvelles licences dans la bande des 26 GHz, mais aussi à poser beaucoup d’équipements coûteux, comme des « smallcells » (de petites antennes) pour compenser sa faible portée. Pour Benoît Torloting, directeur général de Bouygues Telecom, « Avec la 5G 3,5 GHz, ça marche déjà très bien. […] Aucun opérateur n’en veut parce que ce n’est pas adapté à la France, à Paris, c’est impossible. », relaye BFMTV.

Les caractéristiques techniques ne l’aident pas non plus : même si des tests menés par SFR ont montré des débits pouvant atteindre 4 Gbit/s, la portée est très limitée et la mmWave pénètre mal les bâtiments. Ces limites la rendent peu adaptée à un usage général en milieu urbain dense, comme à Paris. En revanche, certains experts, comme Laure de La Raudière de l’Arcep, voient un intérêt pour des usages ciblés servant à désengorger des antennes précises.

Où en sont les appareils compatibles

Le retard européen se voit aussi chez les fabricants de smartphones. Apple, avec son iPhone « iPhone 16e », annoncé pour février 2025, embarque une nouvelle puce réseau C1 qui ne prend pas en charge la 5G mmWave. Qualcomm suit la même voie avec son modèle Snapdragon 8s Gen 4, lui aussi dépourvu de cette capacité. Les Pixel de Google n’ont jamais intégré l’antenne mmWave pour le marché européen.

Les chiffres d’usage fournis par Open Signal confirment la faible présence de la technologie : même dans les pays où elle est disponible, la connectivité mobile de la 5G mmWave représente entre 0,1 % et 0,7 % des connexions mobiles.

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