Un projet de forage en Lorraine attire pas mal d’attention autour de l’idée d’exploiter l’hydrogène naturel comme source d’énergie décarbonée. Implanté dans la petite commune de Pontpierre, ce chantier pourrait peser sur l’indépendance énergétique de la France et devenir une vraie manne économique pour le Grand Est.
À Pontpierre : le forage en détail
À Pontpierre, village de 800 habitants situé à environ 40 km à l’est de Metz, un forage d’envergure a été lancé en périphérie du village. Une grande plateforme de 41 m de hauteur, récemment acheminée d’Autriche, sert de base aux opérations. Les équipes ont déjà foré jusqu’à 2 600 m, avec l’objectif d’atteindre 4 000 m d’ici février.
Ce chantier fait suite à un précédent programme, Regalor, qui s’était arrêté à 1 300 m. D’après le journal La Nouvelle République, le programme Regalor II vise à aller plus profond pour mieux comprendre les mécanismes de formation de l’hydrogène naturel.
Le programme Regalor II se concentre sur l’hydrogène blanc, ou natif, dissous naturellement dans les eaux souterraines. À la différence de Regalor, qui ciblait surtout le gaz de couche (méthane), Regalor II cherche à analyser plus finement les composés riches en hydrogène présents en profondeur.
Ce que ça peut rapporter sur le plan scientifique et économique
Le CNRS estime que le gisement en Lorraine pourrait contenir autour de 34 000 000 tonnes d’hydrogène. Ce gisement ne se limiterait pas à la France : il s’étendrait aussi sur des zones belge, luxembourgeois et allemand, donnant à l’initiative une dimension transfrontalière.
Derrière le projet se trouve la Française de l’Énergie (FDE). Yann Fouant met en avant l’importance de cette découverte, allant jusqu’à qualifier la réserve de « plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde. Des chercheurs comme Jacques Pironon et Philippe de Donato (directeurs de recherche au CNRS) apportent leur expertise pour mieux cerner l’origine de cette ressource.
Deux hypothèses principales sont avancées pour expliquer l’origine de l’hydrogène natif : soit une transformation du charbon en gaz au fil du temps, soit une réaction entre le fer et l’eau produisant de l’hydrogène. Selon l’issue des recherches, ces résultats pourraient avoir des conséquences majeures sur la transition énergétique du Grand Est. Franck Leroy, président de la région, soutient fortement le projet et voit dans le sous-sol mosellan un atout stratégique pour la souveraineté énergétique et industrielle.




