Quelques heures après le redémarrage de la plus grande centrale nucléaire du monde, le Japon a stoppé la procédure. En cause : une alerte de sécurité.
Au Japon, la plus grande centrale nucléaire du monde à l’arrêt
Le Japon, qui s’était engagé dans un vaste plan de relance de l’énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima, a annoncé ce jeudi 22 janvier 2026 l’arrêt temporaire du réacteur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde en capacité installée, à peine quelques heures après son redémarrage. Cette décision survient alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux importations d’énergies fossiles et à renforcer sa sécurité énergétique dans un contexte international tendu.
Le réacteur n° 6 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, exploitée par la Tokyo Electric Power Company (TEPCO), avait été relancé mercredi soir après une mise à l’arrêt de près de 14 ans, marquant une étape importante pour le nucléaire japonais depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. Selon TEPCO, l’opération de redémarrage, après des tests initiaux, avait débuté à 19 h 02, heure locale, mais n’a pas dépassé les premières phases.
Jeudi, à 12 h 28, un signal d’alarme lié au système de surveillance des barres de contrôle s’est déclenché pendant les procédures de montée en puissance du réacteur, entraînant la suspension immédiate des opérations et le retrait des barres de contrôle, dispositifs essentiels pour réguler la réaction nucléaire, a expliqué un porte-parole de TEPCO. L’entreprise a alors décidé de remettre le réacteur à l’arrêt afin d’inspecter en profondeur l’équipement concerné, précisant que ces vérifications pourraient prendre du temps et qu’aucun calendrier pour un nouveau redémarrage n’est encore établi.
Pas de risques immédiats, mais une opération sous haute surveillance
Malgré cet arrêt, l’opérateur a assuré que le réacteur restait stable et qu’« il n’y a aucune incidence radiologique à l’extérieur », soulignant que la sécurité reste sa priorité absolue. Cette situation technique n’a pas eu d’impact mesurable sur l’environnement, mais elle soulève de nouvelles interrogations sur la robustesse des procédures après une si longue période d’inactivité. Le Japon, qui avait arrêté la quasi-totalité de ses réacteurs à la suite de Fukushima, a depuis engagé une reprise progressive, limitée et encadrée par des normes de sûreté renforcées.
L’alarme s’est déclenchée alors que les techniciens retiraient progressivement les barres de contrôle du cœur du réacteur : environ 52 des 205 barres avaient été retirées au moment du signal, ce qui a immédiatement déclenché la procédure d’arrêt de sécurité, a précisé la direction de la centrale.
La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la préfecture de Niigata, représente une capacité installée totale de 8,2 gigawatts répartie sur sept réacteurs, ce qui en fait la plus grande centrale nucléaire au monde par capacité de production. Avant cet épisode, le réacteur n° 6 constituait la première remise en service d’une unité de TEPCO depuis la crise de Fukushima, lors de laquelle des tremblements de terre et un tsunami avaient gravement endommagé la centrale de Fukushima Daiichi et provoqué une catastrophe nucléaire majeure.






