Quinze ans après Fukushima, un mensonge nucléaire refait surface et choque le Japon

Un nouveau scandale de falsification de données nucléaires éclate au Japon, menaçant la sécurité et la confiance du public.

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Quinze ans après Fukushima, un mensonge nucléaire refait surface et choque le Japon
Quinze ans après Fukushima, un mensonge nucléaire refait surface et choque le Japon © L'EnerGeek

Près de 15 ans après l’accident de Fukushima, un nouveau scandale secoue le nucléaire japonais. La compagnie Chubu Electric, qui exploite la centrale d’Hamaoka, est accusée d’avoir falsifié des données de sécurité. Ces révélations érodent la confiance du public et posent de sérieuses questions sur la sécurité et la transparence dans la gestion des installations nucléaires.

Comment l’affaire a éclaté

Le scandale a débuté quand Chubu Electric a été prise en flagrant délit de falsification des données portant sur la résistance sismique des réacteurs 3 et 4 de la centrale d’Hamaoka, située à 230 km au sud‑ouest de Tokyo, dans le département de Shizuoka. Selon Franceinfo, depuis 2018, des employés auraient manipulé volontairement les simulations sismiques pour sous‑estimer les risques, selon Testuya Toyoda, chef de la section énergie atomique.

Ces manipulations visaient à faciliter l’obtention du certificat technique nécessaire au redémarrage des réacteurs. Le président de Chubu Electric, Kingo Hayashi, a admis lors d’une conférence de presse que « la méthode employée était intentionnellement différente de celle expliquée aux autorités ». Ces aveux renforcent les doutes sur la fiabilité des données sur lesquelles se base le gendarme du secteur nucléaire pour évaluer la sûreté des installations.

Réaction des autorités et conséquences immédiates

Shinsuke Yamanaka, président de l’autorité de sûreté nucléaire, a qualifié la falsification de « violation grave des dispositions de sécurité des installations nucléaires exigées au niveau international ». L’autorité a immédiatement suspendu toutes les procédures d’examen visant à relancer les réacteurs concernés, ordonné une remise à zéro des compteurs et lancé de nouvelles inspections qui s’étaleront sur plusieurs années.

Le régulateur, dénonçant ce « mensonge délibéré », a insisté sur le danger que représentent ces manipulations, d’autant plus que le calcul de la résistance aux séismes est déterminant pour obtenir les nouvelles normes de sécurité renforcées mises en place après l’accident de Fukushima en mars 2011, tout comme les problèmes de corrosion détectés ailleurs.

Ce que ça change pour le secteur nucléaire

L’affaire tombe à un moment sensible pour le Japon, qui tente de relancer ses installations après les avoir arrêtées progressivement après la catastrophe de Fukushima Daiichi. Avant l’accident de 2011, le pays disposait de 54 réacteurs, mais aujourd’hui seulement 33 sont potentiellement exploitables, et 14 ont été remis en service conformément aux nouvelles normes.

Sous la pression du gouvernement pro‑nucléaire, qui cherche à renforcer la souveraineté énergétique du pays, ces révélations risquent d’entamer encore davantage la confiance du public dans la relance nucléaire. Des incidents comme celui de Chubu Electric compliquent les efforts du gouvernement pour convaincre l’opinion de la sûreté des réacteurs.

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