Coup dur pour la start-up Naarea. Alors qu’elle doit passer ce jeudi 15 janvier 2026 devant le tribunal de commerce, le seul repreneur vient de retirer son offre. L’entreprise est spécialisée dans les mini-réacteurs nucléaires.
La start-up Naarea sans repreneur
À la veille d’une décision clé du tribunal de commerce de Nanterre, l’unique repreneur potentiel de la start-up française Naarea, spécialisée dans les mini-réacteurs nucléaires, a abandonné son projet. Ce retrait brutal d’offre remet en question l’avenir de cette entreprise innovante, déjà en difficulté financière, et fait planer la menace d’une liquidation judiciaire imminente. Cette annonce intervient dans un contexte déjà tendu pour Naarea, qui avait été placée en redressement judiciaire en septembre 2025, après une cessation de paiement à la fin du mois d’août.
À la veille de l’audience prévue au tribunal de commerce de Nanterre, Eneris a officiellement retiré son offre de reprise des activités de Naarea. Cette décision a été prise sans explication publique détaillée, laissant aux magistrats le soin d’examiner désormais la procédure de redressement sans alternative concrète.
L’offre, présentée le 7 janvier 2026, incluait un financement immédiat de 5,5 millions d’euros, répartis entre le prix de cession et les apports de fonds propres, ainsi qu’un budget prévisionnel de 21 millions d’euros pour 2026. Elle prévoyait également la reprise de 107 salariés, soit environ 65 % de l’effectif total de Naarea. Cette proposition avait reçu le feu vert de Bercy. Avec ce retrait, le tribunal se retrouve sans candidat sérieux pour assurer la continuité de l’entreprise, et la perspective d’une liquidation judiciaire se profile désormais comme l’issue la plus probable pour la start-up.
La filière du nucléaire fragilisée
Fondée en 2020, Naarea s’était positionnée comme une pionnière française dans le développement de mini-réacteurs nucléaires de nouvelle génération, plus précisément des réacteurs modulaires avancés (AMR) à neutrons rapides et à sels fondus. Ces technologies visent à produire de l’électricité et de la chaleur décarbonées à partir de combustibles nucléaires usés, avec des applications potentielles pour l’industrie et les territoires isolés.
Jusqu’à présent, la start-up avait réussi à lever environ 90 millions d’euros auprès de financements privés, auxquels s’ajoutaient 10 millions d’euros de subventions publiques dans le cadre du programme France 2030, soulignant l’intérêt stratégique porté à ce type d’innovation.
Le retrait d’Eneris met en lumière les défis structurels auxquels sont confrontées les start-up européennes du nucléaire, et plus particulièrement celles impliquées dans les technologies de SMR et d’AMR. Alors que ces technologies sont perçues comme des leviers potentiels pour la décarbonation énergétique et la souveraineté industrielle, elles peinent à attirer des financements privés et publics à la hauteur de leurs ambitions, notamment en comparaison avec leurs homologues américains ou asiatiques.






