Le 12 décembre 2015, lors de la COP21 à Paris, près de 200 pays se sont engagés à limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de +2 °C tout en visant +1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, dans le cadre de l’Accord de Paris.
Des objectifs ambitieux mais des résultats partiels
L’Accord de Paris repose sur des contributions nationales volontaires (NDC) que chaque pays doit mettre à jour tous les cinq ans pour renforcer l’ambition collective. Cependant, même après une décennie d’efforts, la planète n’est pas sur la trajectoire nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques fixés à Paris. Selon une analyse récente, limiter le réchauffement à +1,5 °C exigerait une réduction globale des émissions de gaz à effet de serre de 42 % d’ici 2030 par rapport à 2019, un objectif encore loin d’être atteint.
Malgré cela, l’effort collectif n’a pas été vain. L’analyse publiée avant la COP30 montre qu’avec les nouvelles NDC déposées par une centaine de pays, une réduction d’environ 12 % des émissions d’ici 2035 pourrait être envisageable, ce qui illustre des progrès mais reste insuffisant face à l’ampleur du défi.
Les émissions de gaz à effet de serre toujours en hausse
Sur les dix dernières années, les émissions mondiales de CO₂ n’ont pas diminué de façon stable, même si leur croissance a ralenti dans certaines régions. Un rapport publié à l’occasion du dixième anniversaire de l’accord de Paris montre que la croissance annuelle des émissions est désormais beaucoup plus faible que dans la décennie précédente, signe que des avancées techniques et des politiques climatiques ont eu un impact limité mais réel sur le ralentissement de la trajectoire des émissions.
Cet effet est toutefois contrebalancé par d’autres indicateurs alarmants : l’année 2025 est projetée comme l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, mettant en lumière les conséquences du réchauffement climatique malgré la réduction relative de croissance des émissions.
Un cadre politique sous tension et des financements insuffisants
L’architecture politique autour de l’accord de Paris est marquée par des retraits et des retours de certains grands émetteurs, notamment les États-Unis qui se sont retirés deux fois de l’accord sous l’administration Trump. Cela a fragilisé le multilatéralisme climatique au moment où la solidarité internationale était cruciale pour accélérer les efforts.
Par ailleurs, l’objectif de mobilisation de 100 milliards de dollars par an de financements climat pour les pays en développement, initialement prévu pour 2020, a été à peine atteint dans les faits, avec une part significative constituée de prêts plutôt que d’aides directes.
Dans ce contexte, l’accord de Paris a toutefois favorisé certaines avancées, notamment en facilitant la justice climatique : des recours contre des États ou des entreprises accusés d’inaction ont été engagés, témoignant d’une dynamique juridique en faveur de l’application des engagements climatiques.
La COP30 et l’avenir des engagements climatiques
La COP30, qui s’est tenue à Belém au Brésil pour marquer le dixième anniversaire de l’accord de paris, a mis en lumière l’état actuel du climat et la nécessité d’intensifier l’action collective. Selon l’OECD, l’accord est à un tournant crucial, sa crédibilité étant testée dans un contexte géopolitique difficile marqué par des divergences et des priorités nationales parfois contradictoires.
Dans ce cadre, des engagements renouvelés et une pression accrue pour renforcer les NDC sont essentiels pour orienter le monde vers une trajectoire plus compatible avec les objectifs climat initiaux.




