L’Organisation des Nations unies (ONU) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur le réchauffement climatique. Selon son dernier Emissions Gap Report 2025, publié le 4 novembre 2025, les politiques actuelles conduiraient à une hausse moyenne des températures de 2,8 °C d’ici la fin du siècle, alors même que les engagements actualisés des États ne permettraient pas de descendre en dessous de 2,3 à 2,5 °C.
Un dépassement du seuil de 1,5 °C désormais « inévitable »
Dans son communiqué, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a averti que « le dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C est désormais inévitable, au plus tard au début des années 2030 ». Ce constat fait écho aux conclusions des experts du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), qui notent que les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 2,3 % en 2024, malgré la multiplication des engagements climatiques.
Le rapport précise que « la moyenne pluri-décennale de la température mondiale dépassera 1,5 °C, très probablement dans la prochaine décennie ». Autrement dit, même un ralentissement immédiat des émissions ne suffirait plus à éviter un pic temporaire au-delà de ce seuil. Cette situation aurait des conséquences majeures : aggravation des vagues de chaleur, accentuation des sécheresses, accélération de la fonte des glaciers et élévation plus rapide du niveau des mers.
La directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, a reconnu que « les plans climatiques nationaux ont permis quelques progrès, mais ils restent loin d’être suffisants ». Selon elle, la trajectoire actuelle « met en danger la stabilité climatique mondiale et exige une transformation systémique ».
Des engagements encore trop faibles pour respecter l’Accord de Paris
À la date du 30 septembre 2025, seule un tiers des parties à l’Accord de Paris avaient soumis une nouvelle contribution nationale déterminée (NDC). Le manque d’ambition de ces engagements freine l’action collective. Le PNUE souligne que les promesses successives faites par les États « n’ont pas permis de combler l’écart entre les objectifs et la réalité ».
Le rapport rappelle que les pays ont eu « trois occasions de respecter les promesses faites dans le cadre de l’Accord de Paris, et qu’à chaque fois ils sont passés à côté de leurs cibles ». Les politiques actuelles, si elles demeurent inchangées, mèneraient à un réchauffement de 2,8 °C d’ici 2100. Un tel niveau compromettrait la résilience des écosystèmes et accentuerait les inégalités entre pays, notamment ceux qui subissent déjà de plein fouet les effets du réchauffement.
Le réchauffement climatique, une menace mondiale persistante
Les données du Emissions Gap Report confirment que les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter dans la plupart des grandes économies, en dépit des progrès réalisés dans les énergies renouvelables. L’ONU appelle à une réduction immédiate et massive des émissions pour éviter un emballement du système climatique.
Selon le rapport, le monde se trouve « hors trajectoire » pour atteindre les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour y parvenir, il faudrait réduire les émissions mondiales de près de 45 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2010, une baisse que rien ne laisse entrevoir aujourd’hui.
L’organisation insiste sur la nécessité d’une transition énergétique plus rapide, fondée sur la sortie progressive des combustibles fossiles, l’efficacité énergétique et l’augmentation du financement climatique en direction des pays vulnérables.
Le constat dressé par l’ONU ne laisse guère de place à l’optimisme, mais il ne ferme pas la porte à l’action. L’institution appelle les gouvernements à renforcer immédiatement leurs plans climatiques, à mobiliser des financements massifs pour la transition énergétique et à soutenir les régions les plus exposées aux effets du réchauffement. António Guterres a rappelé que « le monde doit choisir entre une action ambitieuse aujourd’hui ou un désastre climatique demain ». Derrière cet avertissement, c’est la crédibilité même de l’Accord de Paris qui se joue.





