Juste avant la COP30, l’Europe se met d’accord sur ses objectifs climatiques pour 2040

Avant le début de la COP 30, l’Union Européenne vient d’adopter une trajectoire commune de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040.

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Juste avant la COP30, l’Europe se met d’accord sur ses objectifs climatiques pour 2040 © L'EnerGeek

Dans quelques jours, le Brésil accueille la COP30. La grande messe pour le climat devrait une nouvelle fois tourner autour de l’importance de respecter les objectifs climatiques. Juste avant le début de l’événement, l’Europe se met enfin d’accord sur sa trajectoire.


Avant la COP30, l’Europe se met d’accord


À l’issue de longues négociations à Bruxelles, les ministres européens de l’Environnement ont validé un objectif climatique de réduction nette des émissions de 90 % à l’horizon 2040 par rapport à 1990. L’accord adopté par vote public entérine un objectif chiffré : -90 % d’émissions nettes en 2040 par rapport à 1990. Cependant, il inclut une possibilité d’utiliser jusqu’à 5 % de crédits carbone étrangers, ce qui réduit de fait l’effort national requis par l’industrie européenne. Cette mesure de flexibilité, introduite pour apaiser les États inquiets, sera présentée à la COP30 comme la position commune de l’Union.


En outre, l’UE a laissé la porte ouverte à l’usage futur de 5 % supplémentaires via des crédits internationaux. Les ministres ont également convenu d’un objectif indicatif pour 2035, fixé dans une fourchette comprise entre 66,25 % et 72,5 % par rapport à 1990. Ces chiffrages montrent la volonté d’apporter des réponses concrètes avant la grande messe du climat, tout en ménageant des marges de manœuvre.


Les concessions politiques et leurs conséquences pour la COP30


Le compromis a été obtenu après des débats tendus et l’opposition de plusieurs États, notamment la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, qui ont invoqué les risques pour la compétitivité des industries nationales. Ces réticences ont façonné la nature même de l’accord que l’UE présentera à la COP30. Parmi les concessions figure aussi le report de l’entrée en vigueur d’un nouveau marché carbone couvrant certains secteurs vers 2028, une décision visant à réduire la pression sur les économies les plus vulnérables. En pratique, ces choix politiques risquent d’affaiblir la capacité de l’UE à revendiquer une trajectoire résolue à la COP30.


Du côté des institutions et des gouvernements favorables, la décision a été interprétée comme un signe de responsabilité politique : la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, se rendra à Belém avec un texte commun, et des ministres ont salué « le signal » envoyé à la communauté internationale avant la COP30.


À l’inverse, les ONG et observateurs dénoncent une dilution de l’ambition : Greenpeace et d’autres acteurs estiment que la possibilité d’acheter des réductions à l’étranger revient à externaliser l’effort et à diminuer la crédibilité de l’engagement présenté à la COP30. Ces critiques pèsent sur la réception diplomatique du dossier européen à Belém et sur la confiance des pays vulnérables.

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