Le 23 octobre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a rendu une décision qui pourrait bien changer la donne dans la lutte contre l’écoblanchiment. La multinationale TotalEnergies s’est vue condamnée pour avoir induit le public en erreur sur ses engagements climatiques, notamment sa promesse d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, rapporte Science et Vie. L’affaire, portée par des ONG comme Greenpeace France, Les Amis de la Terre et Notre Affaire à Tous, met en lumière le fossé entre les discours et les actions des géants du secteur pétrolier.
Les enjeux de cette décision
Le tribunal a demandé à TotalEnergies de retirer les engagements climatiques jugés mensongers, sous peine d’une amende de 20 000 € par jour en cas de non-respect. En plus de cela, l’entreprise doit verser 29 000 € aux ONG plaignantes. La condamnation concerne également sa filiale, TotalEnergies électricité et gaz, amplifiant ainsi l’effet de cette décision sur tout le groupe.
Ce verdict rappelle un problème récurrent : utiliser des promesses environnementales comme argument marketing sans véritable démarche pour passer à l’action. Autrement dit, la communication sur le climat est souvent exploitée pour vendre du rêve plutôt qu’un projet réel de transition énergétique. Le tribunal a même exigé que TotalEnergies retire plusieurs déclarations de son site internet et affiche publiquement la décision pendant six mois.
L’affaire dans son ensemble
Cette décision arrive à point nommé, alors que les règles européennes se montrent de plus en plus strictes contre ce qu’on appelle l’écoblanchiment. Des campagnes similaires ont déjà été suspendues, comme celle de Lufthansa en Allemagne concernant des promesses trompeuses sur la compensation carbone. Le rapport du GIEC de 2022 montre que les infrastructures fossiles existantes suffisent à dépasser le seuil critique de réchauffement climatique fixé à 1,5 °C, et l’Agence internationale de l’énergie affirme que toute nouvelle exploration pétrolière devrait être écartée si on veut atteindre la neutralité carbone.
Ce jugement envoie clairement un signal aux autres grandes entreprises pétrogazières. Johnny White, juriste chez ClientEarth, laisse entendre : « Ce jugement historique envoie un avertissement aux autres majors pétrogazières d’Europe et d’ailleurs : affirmer faire partie de la transition tout en développant de nouveaux projets fossiles a désormais un prix judiciaire établi. »
Réactions et perspectives
Face à ce verdict, TotalEnergies a choisi de ne pas faire appel, tout en minimisant l’impact en soulignant que cela concerne uniquement sa communication client. L’entreprise précise d’ailleurs que le jugement ne leur interdit pas d’utiliser le terme « neutralité carbone » dans leurs communications institutionnelles. Elle se félicite aussi du fait que le tribunal ait rejeté la majeure partie des demandes contre elle.
De leur côté, les associations anti-greenwashing fêtent cette décision qui représente pour elles une vraie avancée pour que les grandes entreprises soient tenues responsables de leurs promesses environnementales.






