La Haute-Savoie traverse une passe difficile avec quatre de ses communes qui manquent d’eau potable. Installées dans la vallée des Usses, ces localités sont approvisionnées par camion-citerne depuis deux semaines. La sécheresse persistante a entraîné une chute drastique du niveau de la rivière des Usses, soulevant de vives inquiétudes tant pour l’environnement que pour les habitants, et un stress hydrique sévère est à craindre.
Ce qui se passe dans les communes concernées
Les villages de Vovray-en-Bornes, Le Sappey, Villy-le-Bouveret et Menthonnex-en-Bornes se trouvent au cœur de cette crise hydraulique. Ces communes, toutes membres de la communauté de communes de Cruseilles, doivent désormais compter sur des ressources venues de l’extérieur. L’eau est livrée depuis Cruseilles, où les réserves restent suffisantes pour le moment. Face à cette situation inédite, les responsables locaux ont décidé de mettre en place des mesures de restriction pour réduire la consommation.
Depuis quinze jours, les habitants doivent faire attention à leur usage de l’eau. Les mairies recommandent notamment de raccourcir les douches et d’éviter de remplir les piscines. Il est aussi impératif de respecter à la lettre l’arrêté préfectoral en vigueur afin d’éviter que la situation ne se détériore.
Réactions et mesures prises par les élus
Face à cette crise, les responsables locaux tentent de rassurer la population. Jean-Marc Bouchet, maire de Villy-le-Bouveret, reste optimiste malgré le risque de rupture en ajoutant : « Avec la baisse des températures, ça devrait s’améliorer dans les prochains jours. » De son côté, l’adjoint au maire de Menthonnex-en-Bornes reconnaît que « la situation est critique », mais reste convaincu qu’une coupure totale pourra être évitée grâce aux efforts conjoints des habitants et des autorités.
La communauté de communes s’engage à « faire tout pour éviter le pire ». Pour autant, l’inquiétude grandit chez les habitants qui constatent que les précipitations ne permettent pas de recharger convenablement les nappes phréatiques.
La rivière des Usses en difficulté
La sécheresse ne touche pas seulement l’approvisionnement en eau potable. La rivière des Usses subit également une chute alarmante de son niveau. Nicolas-Jean Pricaz, président de l’association Usses et Merveilles, souligne le lien direct entre le pompage intensif pour approvisionner les foyers et la diminution du débit de la rivière. Il avertit que si rien n’est fait, « la rivière se retrouvera à sec pendant une partie de l’année », ce qui pourrait sérieusement perturber la faune locale.
Les conséquences sur la nature sont déjà visibles : chamois, sangliers et biches peinent à trouver de l’eau fraîche. Cette situation rappelle tristement celle de 2022, où une pénurie similaire avait frappé la région sans que des solutions durables ne soient mises en place par la suite.
Perspectives et défis à venir
Le secteur sera placé en niveau 3 d’alerte sécheresse dès le mercredi 20 août. Dès lors, il est indispensable que chacun, qu’il soit élu ou habitant, s’engage pleinement dans une vigilance collective.
Cette crise remet en question notre manière d’utiliser l’eau et la nécessité urgente de revoir les politiques de gestion, telles que la tarification saisonnière, pour préserver cette ressource vitale. Alors que les températures commencent à baisser et offrent un petit répit aux habitants concernés, il reste important de penser dès maintenant à des solutions pérennes pour éviter que ces épisodes ne se reproduisent chaque année.






