La métropole de Toulouse a mis en place, pour la deuxième année d’affilée, une tarification saisonnière de l’eau qui concerne environ 800 000 habitants. Cette initiative, pensée pour répondre aux saisons de sécheresse persistante, vise à conserver notre bien précieux qu’est l’eau. En faisant grimper le prix de l’eau pendant l’été, Toulouse espère encourager ses habitants à adopter des gestes plus mesurés.
Une approche tarifaire en phase avec les saisons
Du 1er juin au 31 octobre, quand la consommation d’eau atteint son pic, la facture des Toulousains augmente de 42 %, portant le tarif du mètre cube à 4,40 euros. Ensuite, dès le 1er novembre, le tarif baisse de 30 % pour favoriser une utilisation plus raisonnable pendant les périodes plus fraîches. Cette méthode aide à moduler la demande en eau et protège la Garonne.
Les premiers résultats sont là : en 2024, grâce à cette tarification différenciée, on a réussi à économiser 800 000 mètres cubes d’eau potable, ce qui correspond à 320 piscines olympiques. Ce succès motive déjà d’autres collectivités à envisager des mesures similaires, comme la réutilisation des eaux usées.
Un modèle qui fait mouche ailleurs
Même si Toulouse n’est pas la première à expérimenter ce genre de tarif, son approche attire de plus en plus l’attention dans d’autres villes françaises qui adoptent des mesures de restriction similaires. Des communes comme Hendaye, Saint-Jean-de-Luz ou celles du littoral des Landes appliquent ce système depuis les années 1990. On peut aussi citer la communauté d’agglomération de Guingamp-Paimpol dans les Côtes-d’Armor ainsi que les villes côtières telles que Grasse et Bandol sur la Côte d’Azur.
La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) rappelle que cette pratique est prévue par l’article 57 de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006. Régis Taisne, responsable du département Cycle de l’eau à la FNCCR, explique que « Dans les communes où l’équilibre entre l’eau et la consommation est mis en danger de façon saisonnière, le conseil municipal ou l’assemblée délibérante du groupement de collectivités territoriales peut fixer des tarifs différents selon la période de l’année ».
Les défis techniques et les raisons de cette démarche
Pour appliquer cette tarification saisonnière, il faut installer des compteurs à eau connectés et communicants, un chantier qui peut durer plusieurs années. Pourtant, ces efforts valent le coup puisqu’ils permettent de réduire nettement la pression sur l’eau pendant les périodes difficiles et de rendre la répartition plus juste entre habitants permanents et saisonniers.
Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, se félicite des résultats obtenus en disant : « L’expérimentation a permis d’économiser 800.000 mètres cubes d’eau potable ». Ce succès pourrait bien pousser d’autres collectivités à tenter l’expérience, d’autant que le changement climatique accentue de plus en plus les épisodes de sécheresse.





