Continuez comme ça et nous manquerons d’eau en 2050

En 2050, 90 % des bassins versants pourraient souffrir de stress hydrique. Imaginez un quotidien où l’eau devient rare.

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Continuez comme ça et nous manquerons d'eau en 2050
Continuez comme ça et nous manquerons d’eau en 2050 © L'EnerGeek

La France a vécu récemment une sécheresse hors norme qui montre bien nos faiblesses en matière d’approvisionnement en eau. En 2022, des températures étouffantes ont fait assécher les rivières et contraint à l’abandon de nombreuses cultures, touchant 86 % du territoire français, avec des restrictions d’eau imposées par les arrêtés préfectoraux en raison de la sécheresse persistante. Pour les agriculteurs, la situation a été un véritable coup dur, et si rien ne change, ce genre de période pourrait bien devenir habituel.

Le climat et les prévisions hydriques

Une étude du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, publiée le 25 juin et relayée par Actu Environnement, a dressé le portrait des besoins en eau envisageables pour 2050. Ce rapport, le deuxième d’une analyse détaillée sur l’eau, montre que les températures pourraient grimper de +5 °C d’ici la fin du siècle par rapport à la période 1976-2005. Cette augmentation provoquerait un stress hydrique qui affecterait 90 % des bassins versants pendant l’été.

Dans le sud-ouest et le sud-est de la France, cette tension sur l’eau pourrait devenir le lot de tous les jours, surtout parce que ces régions dépendent fortement de l’irrigation agricole, qui grimpe jusqu’à 90 % de l’eau tirée dans le Sud-Ouest. Par exemple, le bassin de l’Adour-Garonne pourrait connaître de fortes restrictions dès juillet si rien ne change dans nos habitudes.

L’irrigation et la consommation d’eau, un vrai défi

Entre 2010 et 2020, les surfaces irriguées ont bondi de plus de 20 % en France. Si la tendance se poursuit, l’irrigation pourrait représenter jusqu’à un tiers des prélèvements d’eau d’ici 2050. Pour ne pas voir la situation empirer, il est conseillé de repenser nos pratiques agricoles en adoptant des méthodes agroécologiques et en réglementant strictement l’étendue des surfaces irriguées, ainsi que la réutilisation des eaux usées. Une étude portant sur 40 bassins-versants a d’ailleurs révélé que plus de 90 % d’entre eux subiraient une pression hydrique durant les printemps et étés secs.

Les régions qui pourraient le plus souffrir incluent la Corse et le sud-est de la France, même lors des années plutôt humides. D’autres zones, comme le sud et l’ouest, ne sont pas à l’abri de ces difficultés grandissantes.

Demain : scénarios et solutions à explorer

L’étude présente plusieurs hypothèses pour faire face à ces défis. On trouve un scénario tendanciel (où l’on continue comme jusqu’ici), un scénario basé sur des politiques publiques inspirées de la Stratégie nationale bas carbone, et enfin, un scénario de rupture misant sur la sobriété et la réduction des prélèvements d’eau. Hélène Arambourou rappelle que « ce que l’on a connu en 2022 pourrait être la norme dans les années 2050 » si on ne modifie pas nos pratiques.

Limiter la pression sur l’eau ne semble envisageable qu’avec le scénario de rupture. Parmi les conseils figurent la mise en place d’un encadrement strict de l’irrigation agricole et le passage à des habitudes de consommation plus économes.

Prendre le temps de réfléchir vraiment

Clément Beaune insiste sur la nécessité de garder cette vigilance à long terme : « Il faut que les plans eau et les initiatives locales se développent et restent mobilisés ». Sans cette dynamique, nous risquons d’être confrontés à des mesures draconiennes, tardives et mal pensées pour faire face aux futures pénuries d’eau.

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