C’est une énergie locale, renouvelable et stable. Et pourtant, elle reste marginale. Le gouvernement veut changer la donne avec un plan d’action en sept mesures dévoilé le 28 juillet 2025. Objectif : faire de la géothermie une alternative réelle aux énergies fossiles.
Géothermie : une mission commando pour une filière sous-exploitée
Le 11 avril 2025, une mission accélérée a été lancée par le Premier ministre François Bayrou, en partenariat avec l’ADEME, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), les collectivités locales, les industriels de l’énergie et les professionnels de la filière. Objectif ? Identifier les leviers concrets pour faire décoller la géothermie en France, dans l’Hexagone comme en outre-mer.
Ce travail collectif a débouché sur un plan d’action national actualisé, présenté le 28 juillet 2025, avec sept premières mesures prioritaires. Ces actions ciblent à la fois les freins réglementaires, les défis techniques et les obstacles financiers.
En France, la chaleur représentait en 2022 près de 45 % de la consommation finale d’énergie, mais elle restait à 73 % d’origine fossile. La géothermie, pourtant, est renouvelable, locale, pilotable et peu émettrice de gaz à effet de serre. Elle permet de chauffer les logements, les bâtiments industriels, l’agriculture ou les réseaux urbains… mais ne fournit aujourd’hui qu’environ 1 % du chauffage national.
Les bassins géologiques français comme le bassin parisien, l’Alsace, la région lyonnaise ou l’Aquitaine présentent un fort potentiel géothermique. Mais faute d’investissement massif et d’un cadre stable, le développement reste marginal.
Quatre fois plus de chaleur géothermique d’ici 2035
Dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) présentée en 2025, l’ambition est claire : multiplier par quatre la production de chaleur géothermique d’ici à 2035. Cela représenterait 15 à 18 TWh pour la géothermie de surface et jusqu’à 10 TWh pour la géothermie profonde.
La géothermie de surface (profondeur < 200 m, température < 30 °C) fournit aujourd’hui les deux tiers de la chaleur géothermique française. Mais c’est la géothermie profonde (jusqu’à 3 000 m de profondeur, entre 30 °C et 200 °C) qui recèle le plus fort potentiel d’expansion, notamment via les réseaux de chaleur urbains.
Présentées en juin 2025 lors des Journées de la géothermie, ces sept premières mesures visent à :
- simplifier les procédures d’autorisation,
- accélérer les délais d’instruction,
- renforcer l’accompagnement technique,
- mobiliser les outils financiers existants,
- améliorer la connaissance des sous-sols,
- former davantage de professionnels qualifiés,
- et soutenir l’innovation dans la filière.
Le suivi de leur mise en œuvre commencera à l’automne 2025, avec une évaluation semestrielle. L’ambition du gouvernement : faire de la géothermie un pilier de la transition énergétique française.






Nous avons besoin de toutes les formes de renouvelable. La géothermie de surface est utilisable partout en France pour le résidentiel.. Et la géothermie profondes a certains endroits pour la convertir en électricité pilotable.