Énergie : Bayrou temporise sous la menace de censure

L’Assemblée nationale va examiner la feuille de route de l’énergie. François Bayrou cède donc face aux contestations de plus en plus importantes.

Publié le
Lecture : 2 min
energie-feuille-route-bayrou-france
Énergie : Bayrou temporise sous la menace de censure © L'EnerGeek

Le sujet de la feuille de route de l’énergie est particulièrement sensible politiquement pour le Premier ministre François Bayrou. Face aux menaces de censure, il annonce qu’un débat va se tenir dans quelques semaines sur la vision énergétique du pays pour les années à venir.


La feuille de route de l’énergie va arriver au Parlement


Un timing serré, une pression parlementaire croissante, et un Premier ministre qui joue une carte politique inattendue. François Bayrou annonce qu’un débat parlementaire aura lieu « dans les prochaines semaines » autour de la stratégie énergétique nationale. Cette annonce survient alors que le gouvernement s’apprête à adopter par décret la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), pierre angulaire de la planification énergétique pour la période 2025-2035. Officiellement, il s’agit de faire vivre le débat démocratique. Officieusement ? D’éteindre l’incendie politique qui couvait à l’Assemblée nationale.


Cette initiative intervient alors que le Rassemblement national (RN), par la voix de Marine Le Pen, avait prévenu : adopter la PPE par décret sans validation parlementaire serait une « décision impardonnable ». Une motion de censure planait comme une menace. Il n’en fallait pas plus pour que François Bayrou sorte de son silence.


La PPE3 : document technique ou bombe politique ?


Officiellement, la PPE3 vise à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, en fixant des objectifs précis de production, de consommation et de transition technologique. Sa mise en œuvre, prévue par décret après le 5 avril 2025, clôturera une phase de consultation publique qui aura mobilisé plus de 50 000 citoyens, 7 500 propositions et 1,2 million de votes, selon le ministère de la Transition écologique.


Mais derrière les bonnes intentions, la contestation monte. 160 sénateurs de droite et du centre demandent à François Bayrou de faire machine arrière face à cette feuille de route, dénonçant une « absence de vision globale » et un passage en force jugé antidémocratique. La plupart des parlementaires réclament un vrai débat sur le sujet, tant les conséquences pour la France seront importantes. Les critiques se concentrent sur le poids accordé aux énergies renouvelables, notamment l’éolien terrestre et le solaire photovoltaïque, au détriment d’une relance plus affirmée du nucléaire. Le sujet n’est donc pas encore clos pour l’exécutif.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.