Nucléaire : plus de 3 000 fûts radioactifs découverts au large de Brest !

Plus de 3.000 fûts radioactifs ont été découvert dans les eaux situées au large de Brest. Du combustible nucléaire très ancien.

Publié le
Lecture : 2 min
nucleaire-3.000-futs-radioactifs-brest
Nucléaire : plus de 3 000 fûts radioactifs découverts au large de Brest ! © L'EnerGeek

Dans le secteur du nucléaire, la question du stockage des déchets radioactifs pose de plus en plus de problèmes. À l’occasion d’une mission au large de Brest, l’Ifremer et le CNRS ont comptabilisé plus de 3 000 fûts déposés au fond de la mer. Ils pourraient représenter une menace pour la France.


Les déchets nucléaires s’accumulent au fond de l’Océan Atlantique


Le retour d’une mission scientifique au large de Brest secoue la communauté scientifique. En effet, après un mois de recherches intensives, une équipe d’experts a révélé avoir localisé plus de 3 000 fûts radioactifs immergés dans l’Océan Atlantique, une découverte qui soulève inévitablement la question : faut-il s’inquiéter ?


Derrière cette mission de grande ampleur, un objectif précis : comprendre le sort des déchets nucléaires immergés entre 1946 et 1993 par plusieurs pays européens. Durant cette période, plus de 200 000 fûts contenant des déchets radioactifs ont été jetés dans les eaux internationales, à des profondeurs atteignant 4 700 mètres dans la plaine abyssale de l’Atlantique nord-est. Le projet NODSSUM (Nuclear Ocean Dump Site Survey Monitoring) a permis de cartographier une zone de 163 km² où se trouvent concentrés ces fûts, dont certains sont en état de dégradation avancée.


La mission, menée par le CNRS et l’Ifremer avec le soutien de plusieurs partenaires nationaux et internationaux, a utilisé des technologies de pointe pour étudier les abysses. À bord du navire L’Atalante, les scientifiques ont déployé un sous-marin autonome, UlyX, équipé d’un sonar sophistiqué, permettant de sonder le fond marin et d’obtenir des images précises de l’état des 3.350 fûts.


Pas de radioactivité inquiétante… pour l’instant


Au terme de plusieurs semaines de recherches, la bonne nouvelle réside dans le fait que la mission n’a pas observé de « radioactivité anormale » dans les zones analysées. Pour les chercheurs, il n’y a donc, à ce jour, pas de raison de paniquer. Cependant, tout n’est pas aussi simple. Bien que la radioactivité ne semble pas avoir franchi des seuils préoccupants, certains fûts ont montré des signes de corrosion avancée, ce qui laisse supposer que des fuites de matières peuvent se produire. La mission révèle que ces fuites, bien qu’encore difficiles à identifier précisément, pourraient être dues à la présence de bitume, un matériau souvent utilisé pour sceller les déchets dans les fûts.

Toutefois, ce n’est qu’une hypothèse. De futurs prélèvements seront nécessaires pour mieux comprendre la nature exacte de ces substances et leur impact sur l’environnement marin.
Cette découverte soulève de nombreuses questions sur la gestion des déchets nucléaires. Pourquoi ces fûts ont-ils été immergés à une époque où la gestion des déchets radioactifs n’était pas aussi rigoureusement encadrée ? Si la pratique de l’immersion des déchets a été interdite depuis 1993, la question de l’impact environnemental de ces dépôts reste ouverte. Les résultats de cette mission, encore préliminaires, soulignent qu’une attention particulière devra être portée à l’avenir.

La prochaine étape des recherches consistera à analyser les sédiments, l’eau et les organismes marins dans la zone pour déceler d’éventuelles contaminations. De plus, une nouvelle mission est déjà envisagée dans les prochaines années pour étudier de plus près les fûts et mener des prélèvements supplémentaires, notamment sur la faune marine qui pourrait être affectée par ces déchets.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.