Le marché mondial des fripes au ralenti : les points de collecte débordent

Le secteur de la revalorisation textile est en crise : les ventes chutent, rendant difficile la survie des acteurs clés.

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Le secteur de la revalorisation textile face à une crise jamais vue
Le marché mondial des fripes au ralenti : les points de collecte débordent © L'EnerGeek

Depuis juillet 2024, le domaine de la revalorisation des fringues traverse une période vraiment compliquée. Les vêtements remis à neuf, qui se vendaient super bien sur les marchés européens et africains, peinent aujourd’hui à trouver preneur ou se vendent pour des sommes dérisoires. Cette situation inquiétante perturbe toute la filière textile et soulève des questions tant sur le plan économique que sur celui de l’environnement.

Un marché qui dégringole

La débâcle actuelle se traduit par une forte baisse des ventes aussi bien en Europe qu’en Afrique. Emmanuel Pilloy, directeur général du Relais, indique que « depuis juillet 2024, vendre devient de plus en plus compliqué ». Son constat ? Les fringues se négocient à des prix bien plus bas qu’avant. Quant à Pascal Milleville, responsable régional du Relais en Bretagne, il lance un avertissement : « Si ça continue comme ça, on ne passera pas l’été ».

Depuis juin 2024, le marché mondial des fripes ralentit, ce qui complique particulièrement les exportations vers l’Afrique. En réalité, 25 % à 30 % des textiles collectés par le Relais étaient destinés à des pays tels que le Sénégal, Madagascar et le Burkina Faso. Or, les acheteurs africains se tournent désormais vers la Chine pour se procurer des fripes ou même du neuf à moindre coût. Ce tournant fait dégringoler le modèle européen basé sur la friperie.

Les acteurs du secteur et leurs embûches

Le Relais est au cœur de cette filière : il compte 2 000 employés et collecte plus de la moitié des vêtements en France. L’année dernière, l’entreprise a récupéré 270 000 tonnes de fringues, mais a dû mettre un frein à la collecte à cause de soucis financiers. Par ailleurs, le réseau Relais Atlantique ramasse chaque année 6 000 tonnes de vêtements, qu’il propose ensuite dans ses boutiques.

À ses côtés, Refashion – l’éco-organisme qui participe financièrement sur le principe du « pollueur-payeur » – se fait critiquer pour un soutien jugé insuffisant. Actuellement, Refashion offre une aide d’urgence revalorisée à 192 euros par tonne, alors qu’elle était de 156 euros auparavant. D’après le Relais, il faudrait atteindre 304 euros par tonne pour pouvoir continuer à fonctionner normalement.

L’effet sur la planète et le social

Les retombées sur l’environnement et le tissu social rendent la situation encore plus préoccupante. Une grande partie des déchets textiles exportés finit dans des décharges improvisées ou se retrouve à polluer les cours d’eau en Afrique. Face à cela, les acteurs du secteur plaident pour une valorisation locale des vêtements usagés, afin de limiter les dégâts.

Même avec tous ces soucis, il est important de soutenir les acteurs de l’économie circulaire dans leur transition vers un nouveau modèle économique. La recherche dans le recyclage progresse petit à petit en vue d’une phase industrielle plus viable, grâce à des innovations technologiques.

Ce qui se profile pour la suite

Devant tous ces défis, il est capital que chacun continue d’apporter ses vêtements aux points de collecte plutôt que de les balancer dans les poubelles classiques où ils sont incinérés à 100 %, soulignant l’importance de la gestion des déchets textiles. Sandra Baldini de Refashion rappelle que seules 0,5 % des textiles récupérés en bornes finissent dans ce genre de traitement.

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