Calvados : EDF repousse l’éolien marin, deux ans de plus de retard sur le chantier

Le chantier semblait lancé. L’ambition, claire. Mais à dix kilomètres de Courseulles-sur-Mer, rien ne se passe comme prévu.

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Calvados : EDF repousse l’éolien marin, deux ans de plus de retard sur le chantier © L'EnerGeek

Le géant français de l’énergie EDF repousse une fois de plus la mise en service de son parc éolien marin au large du Calvados. À la manœuvre, un outil de forage sur mesure… qui prend l’eau.

Un outil innovant devenu talon d’Achille d’EDF

Motif officiel : un outil de forage inédit, développé pour sceller les fondations du parc, n’est toujours pas opérationnel. Ce dispositif massif, 1 900 tonnes pour 50 mètres de haut, devait ancrer les soixante-quatre éoliennes dans un sous-sol calcaire à plus de 20 mètres de profondeur. Selon EDF Power Solutions, « le décalage du calendrier est lié à l’outil de forage, une innovation qui a nécessité de nombreux tests pour le rendre pleinement opérationnel ».
Le retard s’élève désormais à plus de deux ans. Initialement prévue pour 2024, puis 2025, la mise en service du parc éolien offshore de Calvados glisse à fin 2027. EDF écarte tout problème lié aux caractéristiques géologiques du site, affirmant à l’AFP que les « conditions de sol rencontrées lors des quatre forages réalisés sont conformes aux résultats des études ».

C’est l’entreprise italienne Saipem qui assure les travaux sous-marins, en particulier la pose des fondations dites « monopieux ». Jusqu’ici, seuls quatre ont pu être installés. Et le chantier est à l’arrêt depuis plusieurs mois. Le prochain redémarrage est prévu en août 2025, avec un nouvel équipement transféré sur le navire « Bold Tern », en remplacement du « Vole au Vent », indisponible. Le dernier pieu posé, fin avril 2025, a tout de même nécessité neuf jours d’installation.
Ce nouveau revers s’ajoute à une série d’écueils rencontrés par le secteur offshore, entre flambée des coûts, incertitudes logistiques et complexité des équipements. EDF, sans commenter le montant exact des surcoûts, doit déjà indemniser plus de 200 pêcheurs professionnels interdits d’accès à la zone pendant deux ans supplémentaires. L’entreprise supporte aussi le stockage prolongé des éoliennes Siemens Gamesa construites au Havre.

Calvados : un parc éolien à haute valeur symbolique… et budgétaire

Le parc éolien Calvados, c’est 450 mégawatts de puissance, soit de quoi alimenter en électricité domestique l’équivalent de 630 000 personnes, selon EDF. Une infrastructure stratégique posée sur 50 km², au large des plages du Débarquement. Ce chantier est le troisième parc offshore du groupe en France après Saint-Nazaire et Fécamp. À terme, l’électricité produite bénéficiera d’un tarif d’achat garanti de 176,7 euros le mégawattheure.
EDF ne révèle pas de chiffres officiels concernant les retards budgétaires, mais confirme que le financement senior de 2,3 milliards d’euros reste intact et que « l’échelonnement sera ajusté sans modification de taux ».

Officiellement, pas de remise en cause du projet. « Le parc sera mis en service fin 2027, avec un retard d’un peu plus de deux ans », a précisé le service presse d’EDF dans une déclaration écrite. Mais dans le secteur, les doutes s’accumulent.
L’énergéticien public, qui vient de nommer Bernard Fontana à sa tête, affirme concentrer ses efforts sur les projets français déjà remportés. Il ne participera pas aux futurs appels d’offres. Et n’exclut pas de céder certaines parts dans ses projets offshore : « C’est une possibilité à laquelle nous sommes ouverts en principe », confie EDF Power Solutions (Les Échos, 5 juillet 2025).

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