Le rythme s’essouffle. Alors que la France s’est engagée à atteindre 33 % d’énergies renouvelables dans sa consommation finale brute d’énergie d’ici 2030, les données provisoires du Service des données et études statistiques (SDES) pour l’année 2024 révèlent un tableau contrasté. Le cap est maintenu, mais la dynamique ralentit.
Un mix énergétique dominé par les renouvelables… à hauteur de 23 %
En 2024, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie atteint 23,0 %, selon le SDES (Les énergies renouvelables en France en 2024 dans le cadre du suivi de la directive UE 2018/2001, 26 juin 2025). Ce chiffre, en légère hausse par rapport aux 22,4 % enregistrés en 2023, illustre une progression, certes positive, mais insuffisante au regard des engagements européens et nationaux.
L’ambition nationale, rappelée dans la loi énergie-climat de 2019, vise une part de 33 % en 2030, tandis que l’objectif européen non contraignant de la directive RED III fixe un seuil de 42,5 % à cette échéance. À six ans de l’échéance, l’écart se creuse.
Le ralentissement s’explique par un double phénomène : une croissance plus modérée de la production renouvelable (+3,2 %), conjuguée à une hausse de la consommation d’énergie globale (+0,7 %). Ce déséquilibre freine mécaniquement l’augmentation du ratio. L’analyse du mix renouvelable français montre que la biomasse solide domine le paysage avec 6,8 % de la consommation finale brute, suivie de l’hydraulique (3,7 %), des pompes à chaleur (3,4 %), de l’éolien (3,0 %), des biocarburants (2,5 %) et du solaire photovoltaïque (1,4 %).
L’électricité d’origine renouvelable en léger progrès
L’électricité demeure le principal vecteur de croissance des énergies renouvelables. En 2024, 30,8 % de l’électricité consommée en France est d’origine renouvelable, selon le SDES, soit une hausse de 0,9 point par rapport à 2023. Les filières en tête : l’hydraulique, l’éolien et le solaire photovoltaïque. L’électricité d’origine hydraulique reste la plus importante en volume, mais elle stagne du fait des contraintes géographiques. En revanche, l’éolien et le photovoltaïque continuent leur montée, bien que leur part cumulée reste encore modeste comparée au potentiel estimé.
Le secteur de la chaleur et du froid enregistre une part renouvelable de 31,1 %, en hausse de 0,8 point par rapport à l’année précédente. C’est la catégorie la plus avancée dans la transition énergétique, notamment grâce à la biomasse solide (bois-énergie), aux pompes à chaleur et au biogaz. Cependant, la croissance y est contenue, principalement en raison de l’essoufflement des gisements thermiques faciles d’accès, et du ralentissement des installations de réseaux de chaleur urbains.
Transports : la décarbonation est très lente
Le transport reste le maillon faible du mix énergétique renouvelable. En 2024, la part des énergies renouvelables dans ce secteur n’atteint que 10,7 %, malgré une hausse de 0,7 point par rapport à 2023. Cette progression est essentiellement due à l’incorporation de biocarburants dans les carburants fossiles.
Les freins sont nombreux : faible électrification des véhicules lourds, lenteur du renouvellement du parc automobile, et infrastructures de recharge inégalement réparties. Le cap des 14 % imposé par la directive européenne semble difficilement atteignable à court terme.
Avec 23,0 % d’énergies renouvelables en 2024, la France avance, mais trop lentement. Le SDES rappelle, chiffres à l’appui, que l’écart reste important pour atteindre les objectifs de 2030. La croissance des renouvelables peine à compenser la hausse de la consommation globale, et certaines filières s’essoufflent.






