Après les attaques américaines et israéliennes contre le programme nucléaire de l’Iran, le régime des mollahs vient de prendre une décision radicale. Désormais, il ne collaborera plus avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
L’Iran ferme la porte de son programme nucléaire à l’AIEA
Après les raids américains, l’Iran annonce la suspension immédiate de sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cette rupture survient dans un contexte de tensions ravivées autour de son programme nucléaire et marque une escalade qui pourrait faire voler en éclats les maigres garanties de surveillance encore en place. Il aura suffi d’une résolution : adoptée à Vienne par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, celle-ci critiquait une nouvelle fois le manque de transparence du programme atomique iranien. La réponse de Téhéran a été cinglante. Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Nasser Kanaani, « cette résolution est purement politique et non constructive ».
Derrière cette formule diplomatique glacée, une décision aux conséquences lourdes : plus aucun inspecteur de l’AIEA ne pourra accéder aux sites nucléaires iraniens. Les caméras de surveillance ne seront plus alimentées. Les rapports d’activité s’arrêteront. Autrement dit, l’opacité redevient totale.
Ce revirement n’est pas qu’un coup de colère du pouvoir exécutif. Il a reçu le sceau formel du Parlement iranien. Ce dernier vient de voter en faveur de la suspension de la coopération avec le gendarme du nucléaire international. L’organe législatif justifie sa position par un refus de l’instrumentalisation occidentale de l’AIEA, une rhétorique bien huilée à Téhéran pour dénoncer les pressions des États-Unis et de leurs alliés. Les parlementaires estiment que l’AIEA a « dépassé son mandat technique pour servir des intérêts géopolitiques ». Derrière cette posture, un message : l’Iran reprend le contrôle de son agenda nucléaire, sans concession ni témoin.
L’AIEA dans l’impasse, l’accord nucléaire enterré ?
Face à cette annonce, l’AIEA se retrouve désarmée. Dans un communiqué officiel publié le 13 juin, le directeur général Rafael Grossi exprimait déjà sa « profonde préoccupation » face au manque croissant de coopération iranienne : « Sans accès aux sites et sans informations fiables, notre capacité de vérification est gravement compromise. »
Ce n’est pas la première alerte, mais elle est peut-être celle de trop. Depuis l’abandon de facto de l’accord de Vienne (JCPOA) en 2018 par les États-Unis, puis le retrait progressif de l’Iran de ses obligations, la surveillance internationale était devenue un exercice de funambule. Il semble désormais que le fil ait rompu. Et malgré les déclarations de Donald Trump, estimant que les bombardements américains ont anéanti le programme nucléaire de Téhéran, un doute s’installe.
Personne ne sait où sont passés les 400 kg d’uranium ultra-enrichi, déplacés vraisemblablement au moment du conflit avec Israël. Sauf qu’en adoptant cette posture, l’Iran s’expose à de nouvelles sanctions internationales lourdes. Mais surtout très coûteuses pour son économie, déjà exsangue financièrement.






