Le Royaume-Uni tente de relancer sa filière nucléaire. Le gouvernement britannique annonce une enveloppe de 17 milliards d’euros pour le projet Sizewell, porté par l’énergéticien français EDF.
Le Royaume-Uni investit massivement dans le nucléaire
Le gouvernement travailliste de Keir Starmer dévoile un plan de financement d’envergure pour l’énergie nucléaire. Ce virage stratégique, centré sur le projet Sizewell C porté par EDF, s’inscrit dans une ambition affirmée de souveraineté énergétique. La ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, a surpris la sphère énergétique en annonçant un investissement colossal de 14,2 milliards de livres sterling, soit près de 17 milliards d’euros, destiné à soutenir la construction de la centrale Sizewell C dans le Suffolk. Cette infrastructure, composée de deux réacteurs EPR d’une puissance unitaire de 1,6 gigawatt, est pilotée par l’énergéticien français EDF.
Le Royaume-Uni entend ainsi ouvrir un « âge d’or du nucléaire », selon les termes du communiqué officiel de Londres, afin de « renforcer la sécurité énergétique » du pays. Cette rhétorique, martelée depuis les tensions géopolitiques induites par la guerre en Ukraine, traduit une volonté forte de remettre l’atome au cœur du mix énergétique britannique.
Cependant, si EDF reste l’acteur opérationnel du projet, il a perdu la main. Le groupe français, initialement majoritaire à hauteur de 80 %, ne détient plus aujourd’hui que 16 % du capital de Sizewell C, relégué au rang de figurant financier. Le reste ? Contrôlé par le Trésor britannique, monté à 50 % depuis le retrait forcé du chinois CGN en novembre 2022. Le Premier ministre Keir Starmer s’inscrit dans la continuité de la stratégie amorcée sous Rishi Sunak, mais avec une enveloppe réévaluée à la hausse.
Nucléaire : la France reléguée au rang de prestataire dans sa propre technologie
Ironie amère : alors que la France peine à entretenir son parc nucléaire et à développer des SMR, c’est sur le sol britannique que sa technologie se concrétise, sous financement étranger. EDF, devenu simple sous-traitant à l’international, voit son savoir-faire mis en œuvre ailleurs que dans l’Hexagone. Malgré tout, ce projet nucléaire semble être une bonne nouvelle pour l’énergéticien et surtout pour le Royaume-Uni.
Ainsi, la future centrale devrait alimenter près de six millions de foyers britanniques, avec une mise en service attendue à l’horizon 2035. Les retards sont intégrés dans les prévisions, les dépassements budgétaires aussi. Certaines estimations évoquent un coût final pouvant grimper jusqu’à 36 milliards d’euros, bien que le gouvernement britannique conteste ces chiffres.
En parallèle, Londres annonce un plan d’investissement distinct de 2,5 milliards de livres sur cinq ans pour la recherche en fusion nucléaire. Un signal clair : le nucléaire britannique se réinvente, bien au-delà des seuls EPR.





