Nucléaire : Londres mise tout sur Rolls-Royce et ses mini-réacteurs

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EDF reste impliqué dans Sizewell C, une centrale EPR soutenue à hauteur de 17 milliards d’euros par Londres. | L'EnerGeek

Le gouvernement britannique vient de donner le feu vert à Rolls-Royce SMR pour livrer trois petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR). Un choix qui sonne comme une prise de position forte : relocaliser l’atome, réinventer le nucléaire, et reprendre la main sur la production d’électricité.

Pourquoi Rolls-Royce a gagné, et pas EDF

Les SMR, c’est la nouvelle promesse du nucléaire : plus compacts, moins chers à construire, et adaptés aux besoins plus locaux. En théorie, une alternative crédible aux grandes centrales EPR, souvent hors budget et hors délais. Sauf que ces réacteurs-là ne seront pas branchés avant 2035. C’est écrit noir sur blanc dans les documents officiels.
Rolls-Royce a été désigné comme “partenaire privilégié” pour lancer le mouvement. En clair : si le contrat est signé, c’est eux qui commenceront. Le site précis sera annoncé dans l’année, mais l’enjeu est déjà clair : accélérer la relance du nucléaire au Royaume-Uni sans reproduire les erreurs du passé.

Ils étaient plusieurs en lice. EDF, GE-Hitachi, Westinghouse, Holtec, NuScale Power… Mais c’est Rolls-Royce qui a décroché le contrat, après deux ans d’évaluation. L’entreprise britannique avait un atout majeur : son projet était prêt. Ou presque. « 18 mois d’avance sur ses concurrents », a précisé Great British Nuclear.
EDF, de son côté, a abandonné la course en juillet 2024, le temps de revoir sa copie. Résultat : pour une fois, ce n’est pas l’énergéticien français qui prend la main sur le nucléaire britannique, malgré sa présence historique dans le pays. Une page se tourne, même si EDF reste impliqué dans Sizewell C, une centrale EPR soutenue à hauteur de 17 milliards d’euros par Londres.

Nucléaire : ce que Londres veut (vraiment) faire avec ces petits réacteurs

Le gouvernement ne mise pas sur ces réacteurs juste pour faire joli dans les bilans carbone. Derrière, il y a un objectif de production, mais aussi un vrai pari économique. Ces trois premiers SMR doivent créer 3 000 emplois, fournir de l’électricité à 3 millions de foyers, et attirer du capital privé dans un secteur en mal de rentabilité.
L’ambition est claire : débloquer des projets plus facilement, en cassant les codes du nucléaire lourd. Moins de contraintes, plus de flexibilité. Londres prévoit même de changer les règles d’urbanisme pour faciliter l’installation de ces réacteurs. Une manière d’aller vite, sans pour autant renier la sécurité.

Pas tout de suite. Mais les enjeux sont énormes. L’Agence internationale de l’énergie table sur un doublement de la demande mondiale d’électricité d’ici à 2050, et le marché des SMR pourrait peser 500 milliards de livres . En clair : si Londres ne prend pas le train maintenant, d’autres le feront à sa place.
Rolls-Royce a donc un rôle-clé. C’est à lui de prouver que cette nouvelle génération de nucléaire est viable. Qu’elle peut se déployer vite, sans exploser les coûts. Et qu’elle peut regagner la confiance des consommateurs, de plus en plus attentifs au prix, mais aussi à l’origine de leur énergie.

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