Malgré les efforts en matière de rénovation énergétique, un pan fondamental de la sécurité domestique reste largement négligé. De nombreuses installations d’électricité anciennes dans des logements présentent des dysfonctionnements parfois graves.
Le 13 mai 2025, l’association Promotelec a publié les résultats du dernier baromètre de l’Observatoire national de la sécurité électrique (ONSE). Cette nouvelle édition met en évidence la persistance de nombreuses anomalies dans les installations électriques anciennes des logements français. Ce constat soulève des questions sur l’adaptation des réseaux domestiques aux usages actuels.
Installations électriques anciennes : un taux d’anomalies élevé
D’après le baromètre ONSE 2025, publié par Promotelec, 82,6 % des installations électriques de plus de 15 ans présentent au moins une anomalie. Cette statistique repose sur l’analyse de 400 000 diagnostics électriques obligatoires (DEO) effectués dans des logements construits avant 2009.
Ces données traduisent une stagnation dans la mise à niveau des réseaux domestiques. Florence Delettre, directrice générale de Promotelec, déclare : « Si les campagnes de rénovation énergétique gagnent du terrain, elles laissent encore trop souvent de côté un aspect pourtant essentiel : la sécurité des installations électriques ».
Types d’anomalies et risques associés
Le rapport précise la nature des dysfonctionnements relevés. 64 % des installations concernées présentent un défaut de mise à la terre, un élément essentiel de la protection des occupants. 46 % utilisent un matériel inadapté ou vétuste et 41 % présentent un risque de contact direct avec des parties sous tension.
Ces dysfonctionnements peuvent entraîner des incidents tels que électrisation, électrocution, court-circuit ou incendie. En 2022, 34 décès par électrocution ont été recensés. En parallèle, environ 3 000 électrisations accidentelles ont nécessité une prise en charge médicale d’urgence.
Les conséquences matérielles sont également importantes : 238 000 sinistres électriques ont été déclarés en 2022, et 153 100 incendies d’habitation ont été signalés, dont entre 20 et 35 % liés à l’électricité. Les sapeurs-pompiers sont intervenus à 64 000 reprises pour des départs de feu d’origine domestique.
Un réseau ancien confronté aux usages contemporains
L’augmentation du nombre d’équipements électriques dans les logements, tels que les pompes à chaleur, les panneaux photovoltaïques, ou encore les bornes de recharge pour véhicules électriques, accentue les contraintes sur des réseaux qui n’ont pas été conçus pour ces usages. L’inadéquation entre équipements récents et installations anciennes peut provoquer surchauffes, interruptions de service ou détérioration des composants.
Florence Delettre de Promotelec souligne : « Ce baromètre rappelle que l’électricité, bien qu’invisible, peut représenter un danger majeur dans des logements qui n’ont pas été conçus pour accueillir les usages modernes ».
Disparités selon les types de logement et les territoires
Les écarts sont notables selon le type d’habitat. Le baromètre ONSE révèle que 87,5 % des maisons individuelles présentent au moins une anomalie, contre 79,1 % des appartements.
Les disparités géographiques sont également significatives : entre 78 % et 87 % des installations de plus de 15 ans comportent des défauts selon les régions.
Une problématique à intégrer dans les politiques de rénovation
La question de la sécurité électrique apparaît encore trop marginale dans les dispositifs de rénovation énergétique. Selon Promotelec, une coordination renforcée entre les acteurs du bâtiment, les professionnels de l’électricité, les assureurs et les institutions publiques serait nécessaire pour intégrer cet enjeu dans les stratégies nationales.




