Au cœur de la Bohême, en République tchèque, des fouilles ont révélé l’un des plus vastes sites celtiques jamais trouvés dans la région. Cette découverte archéologique offre un regard rare sur la vie celtique en Europe centrale.
Comment la découverte a été faite
Ce sont des sondages liés à la construction de la D35 qui ont mis les ouvriers sur la piste. Sous la direction de Matouš Holas, l’équipe d’archéologues a dégagé un vaste ensemble couvrant 25,1 hectares, l’équivalent d’environ 4 500 places de parking. Pour donner une idée, les sites de l’Âge du Fer dans la région dépassent rarement 0,81 hectare. Dans une interview, Matouš Holas explique : « Si l’autoroute n’avait pas été construite, cet établissement n’aurait pas été trouvé. »
Pendant près de deux ans, les fouilles intensives ont été menées : plus de 13 000 sacs de matériel ont été remplis, faisant de ce projet la plus grande opération de ce type jamais menée en République tchèque en termes de collaboration archéologique. Les pièces récupérées sont maintenant étudiées par des chercheurs de l’Université de Hradec Králové et de partenaires comme l’Université de Vienne et le Centre tchèque Museum Houston.
Les trésors celtiques mis au jour
D’après L’Automobile Magazine, les archéologues ont mis au jour des centaines de monnaies en or et en argent, inspirées des modèles monétaires romains de la même époque. Plus de 1 000 bijoux ont aussi été retrouvés : des fibules, des perles en verre et des perles d’ambre baltique. L’ambre souligne l’existence d’échanges commerciaux sur de longues distances.
On a aussi trouvé des fragments de miroirs, des récipients métalliques, de la céramique soignée et des outils de production. Tout cela montre que le site n’était pas seulement un lieu d’échanges, mais aussi un centre de production locale, notamment de céramiques de luxe. Comme le dit Tomáš Mangel, professeur d’archéologie à l’Université de Hradec Králové : « le site était un centre commercial et de production supra-régional connecté à des routes commerciales de longue distance. »
Un centre sans murs ni combats
Surprise pour les chercheurs : aucun vestige de fortifications n’a été trouvé, et il n’y a pas de signes de destructions violentes, ce qui est inhabituel pour des établissements de cette période. Les habitants semblaient privilégier le commerce plutôt que la guerre. L’absence de fosses communes, de couches brûlées ou de caches d’armes renforce l’idée d’une société tournée vers l’échange pacifique.
Pour autant, malgré la richesse matérielle, aucune inscription, aucun espace funéraire ni marqueur tribal tangible n’ont été découverts, ce qui complique une attribution directe aux Boïens. Maciej Karwowski, archéologue à l’Université de Vienne, précise que le lien avec les Boïens reste ancré dans la tradition mais n’est pas encore appuyé par des preuves archéologiques concrètes.



